Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, lors d'un point presse pendant la visite du post-frontière de Quneitra, entre la Syrie et Israël, sur le plateau du Golan, le 27 septembre 2018. / AFP / JALAA MAREY
Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a déclaré jeudi que l'établissement d'un Etat palestinien "ne l'intéressait pas", alors que le président américain Donald Trump a apporté pour la première fois la veille un soutien clair à une solution à deux Etats pour mettre fin au conflit israélo-palestinien.
"L'Etat palestinien ne m'intéresse tout simplement pas. Je suis intéressé par l'Etat juif et nous avons ici plusieurs problèmes qui sont plus graves que de simples slogans", a lancé M. Lieberman lors d'une discussion avec des journalistes au point de passage de Qouneitra dans le Golan occupé, dans des propos rapportés par le quotidien Haaretz. Il a notamment souligné "avoir un problème avec le fait qu'il y ait 20 pour cent d'Arabes en Israël, qui sortent occasionnellement dans la rue pour manifester avec des drapeaux palestiniens, pas israéliens".
Mercredi, Donald Trump avait affirmé, lors d'une réunion avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, être convaincu à 100%" que les Palestiniens, qui ont gelé tout contact avec l'administration américaine depuis qu'elle a reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël fin 2017, reviendraient à la table des négociations. "J'aime bien la solution à deux Etats", avait ajouté le président américain. "Je pense que c'est ce qui marche mieux, c'est mon sentiment", avait-il encore dit, sans préciser si c'est ce que proposera le plan de paix concocté depuis de longs mois - et dans le plus grand secret - par une petite équipe menée par son gendre et conseiller Jared Kushner.
Les dirigeants concernés, le président palestinien Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahu, doivent à leur tour prendre la parole jeudi devant l'ONU à New York.
Concernant le conflit syrien, le ministre israélien a qualifié le président Bachar el-Assad de "criminel de guerre", soulignant qu'il n'est "pas l'ami" d'Israël. "Mais cela n'est pas notre affaire", a-t-il ajouté. "Nous avons dit depuis le début que nous n'avons aucun intérêt à nous ingérer dans la guerre civile en Syrie et nous n'y sommes jamais intervenus. Ce qui nous intéresse, c'est d'assurer la sécurité des citoyens d'Israël", a-t-il déclaré. Il a en outre imputé à la Syrie la destruction d'un avion de reconnaissance russe, un accident survenu la semaine dernière et qui a coûté la vie à 15 soldats russes.
Moscou accuse Israël d'avoir indirectement causé la chute de cette avion. Lundi, la Russie a annoncé la fourniture de système antimissiles S-300 à la Syrie en dépit de fortes objections israéliennes.

