Une journaliste iranienne militante des droits de l'Homme emprisonnée depuis 2015 a obtenu une permission de sortie de trois jours pour visiter son père malade, a rapporté jeudi l'agence semi-officielle iranienne Isna. Narges Mohammadi, connue pour son combat en faveur de l'abolition de la peine de mort en Iran, a quitté la prison d'Evin à Téhéran mercredi, écrit Isna, en citant son avocat, Mahmoud Behzadi.
La permission lui a été accordée "compte tenu de la détérioration de l'état de santé de son père", et "elle doit être de retour à la prison samedi", ajoute l'agence. Âgée aujourd'hui de 46 ans, Mme Mohammadi était porte-parole du Centre des défenseurs des droits de l'Homme en Iran lors de son arrestation en 2015. Elle avait été condamnée l'année suivante à dix ans de prison, pour avoir "créé et dirigé un groupe illégal", entre autres charges retenues contre elle.
En octobre 2016, une vingtaine de députés iraniens avaient écrit une lettre au chef de l'Autorité judiciaire, l'ayatollah Sadegh Larijani, lui demandant d'"intervenir personnellement" pour gracier Mme Mohammadi, souffrant selon eux d'une maladie entraînant une "paralysie musculaire". Quelques mois plus tôt, elle avait observé une grève de la faim pour protester contre l'interdiction qui lui était faite d'avoirs des contacts téléphoniques avec ses enfants, vivant en France avec leur père. Elle avait obtenu gain de cause au bout de 20 jours.
En octobre 2017, l'ONG de défense des droits de l'Homme Amnesty International avait exhorté la diplomate en chef de l'Union européenne, Federica Mogherini, à plaider auprès des autorités de Téhéran, à l'occasion d'un voyage officiel, pour la libération immédiate de Mme Mohammadi et d'autres militants des droits de l'Homme emprisonnés en Iran.
L'Iran figure au 164e rang (sur 180) du "classement mondial de la liberté de la presse 2018" publié par l'organisation Reporters sans frontières (RSF).

