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Culture

« Embarquez pour une croisière de rires sur la Méditerranée »

Théâtre

Du 13 au 16 septembre, au théâtre Monnot, « La croisière ça use » et amuse.

11/09/2018

L’action de la pièce La croisière ça use, mise en scène par Luc Hamet, se déroule sur un voilier, en huis clos. Antoine doit effectuer un trajet de Tanger à Ibiza. Afin de joindre l’utile à l’agréable, il a passé une annonce pour partager la traversée avec trois coéquipières. Embarqueront alors des passagers pas comme les autres...

Tout a commencé durant un dîner, lorsqu’un ami d’Emmanuelle Hamet-Pailly – auteure de la pièce – lui a raconté ses dernières vacances sur un voilier. Un dîner qui s’est conclu par des crises de fous rires. « Son récit était tellement terrible qu’on s’est dit tout naturellement que si on mettait tout ça dans un film, les spectateurs n’y croiraient pas ! Et puis quelques jours plus tard, l’idée d’en faire une pièce de théâtre est venue comme par enchantement. En plus, un bateau au théâtre, c’était du jamais-vu », explique-t-elle. Le monde actuel, dans lequel « tout le monde partage sans vouloir partager, communique sans se parler », lui a servi de bonne accroche pour bâtir son histoire. « Pour tout vous avouer, ça m’a tellement rendu service que ce site de demande d’équipiers pour partager une croisière existe… Il m’a permis d’avoir une bonne excuse pour faire se rencontrer quatre parfaits inconnus tous plus branquignoles les uns que les autres. » Il s’agit de la première fois que Hamet-Pailly écrit une comédie. Auparavant, elle a adapté une pièce de Georges Feydeau qui a notamment été à l’affiche du théâtre Rive Gauche de Paris. Luc Hamett, le metteur en scène, a tout de suite été séduit par l’intrigue. Adeptes des mêmes films, la comédie semble être un genre qu’ils apprécient particulièrement. « Ça n’a pas toujours plu à tout le monde (je pense à mes profs de maths par exemple). Je faisais le pitre et je montais des pièces de Molière, j’écrivais des sketchs... J’étais hermétique aux fractions », raconte Luc Hamett. Emmanuelle Hamet-Pailly, quant à elle, se décrit comme « d’humeur maladivement joyeuse ». Pour eux, la comédie est synonyme de moments hors du temps, de bouffées d’oxygène dans un monde qu’il n’est pas toujours facile d’accepter. « Comme je trouve que la vie n’est pas toujours superrigolote, j’écris ce que j’aimerais voir au théâtre pour me divertir, me déconnecter de la réalité et me faire voir la vie plus légère », confie Emmanuelle Hamet-Pailly. Luc Hamett, lui, ne tarit pas d’éloges sur son métier de metteur en scène. « Notre métier est magique, car il est là pour faire oublier le quotidien. Je laisse les sujets graves et la réflexion aux autres, et conçoit mon travail comme un grand divertissement... » Directeur du théâtre Edgar à Paris, il y programme des comédies de qualité et perpétue la tradition du café-théâtre fondé dans les années 70.

L’anti-Love Boat

Particulièrement difficile à réussir, une comédie demande une grande rigueur. « C’est un rythme et une musique : chaque comédie doit jouer sa partition pour que le spectacle soit réussi. Le rire naît des oppositions, des différences, des contraires, chacun doit tenir son rôle parfaitement et doit avoir un sens du public très poussé pour pouvoir glisser ses répliques au bon moment... Une fraction de seconde trop tôt ou trop tard et le rire du public est moins fort... » Le secret pour une bonne mise en scène de comédie ? « C’est, avant tout, d’avoir entre les mains une bonne pièce et de la distribuer à d’excellents comédiens. Au metteur en scène de souder le groupe et de faire monter la mayonnaise », déclare-t-il. Au vu des critiques élogieuses, l’alchimie semble avoir opéré entre les quatre comédiens qui interprètent leurs personnages avec brio. Pas d’inspiration particulière pour l’auteure. « Ils sont tous les quatre sortis de mon imagination, mais évidemment je me suis appuyée sur ce que je vois à la télévision, les gens que je rencontre dans la rue. » Il a fallu ensuite trouver les acteurs. Le choix a été vite fait. « Nous avons réfléchi à la distribution, mais les acteurs se sont vite imposés à nous. J’avais déjà travaillé avec eux et je savais de quoi ils étaient capables. J’étais sûr qu’ils allaient s’entendre, ce qui est primordial quand on joue une comédie. Une troupe qui a plaisir à se retrouver sur scène, c’est 30 % de bonus pour les spectateurs, minimum. Et je peux vous dire que là l’ambiance quand ils sont réunis est au beau fixe... Rien à voir avec la tempête qui sévit à bord et les engueulades mémorables qui s’ensuivent ! »

Alors, si la tornade ne vous rebute pas, suivez les conseils de Luc Hamett : « Laissez vos soucis à quai, embarquez pour une croisière de rires sur la Méditerranée... Et vivez l’inverse de Love Boat ! »


Théâtre Monnot

Du 13 au 16 septembre, à 20h30.

Production 62 Events by Josyane Boulos.

Billets à la librairie Antoine.

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