Elle avait notamment couvert le renforcement drastique des mesures de sécurité dans le Xinjiang (nord-ouest), une région régulièrement frappée par des attentats. Ceux-ci sont attribués par les autorités chinoises à des extrémistes islamistes ou des "séparatistes".
"Les États-Unis sont vivement préoccupés par le fait que des journalistes étrangers et locaux en Chine continuent de faire face à des restrictions excessives qui entravent leur capacité d'effectuer leur travail", a indiqué l'ambassade américaine à Pékin, en réponse à une question de l'AFP sur le cas de Megha Rajagopalan.
L'ambassade a également dénoncé des retards dans le traitement des visas de journalistes étrangers ou encore les restrictions de mouvement vers certains lieux jugés sensibles par les autorités.
Megha Rajagopalan a indiqué sur Twitter ne pas connaître clairement la raison derrière le refus de son renouvellement de visa. Selon elle, le ministère chinois des Affaires étrangères lui a signifié qu'il s'agissait d'une "histoire de procédure". Le Club des correspondants étrangers en Chine a indiqué mercredi avoir demandé des clarifications au ministère "quant au raisonnement qui a abouti à l'expulsion de facto" de Mme Rajagopalan du territoire chinois.
Dans un éditorial, le quotidien chinois Global Times, proche du pouvoir et au ton nationaliste, a critiqué la journaliste américaine pour ses "reportages biaisés" sur la situation au Xinjiang. "Certains médias occidentaux pensent qu'ils ont le droit de faire ce qu'ils veulent, mais de telles absurdités sont inacceptables."
Ce n'est pas la première fois que des journalistes étrangers sont obligés de quitter le pays. L'ex-correspondante du magazine français L'Obs, Ursula Gauthier, avait dû partir de Chine le 31 décembre 2015 à l'expiration de son visa, les autorités ayant refusé de le renouveler. Pékin l'avait accusée d'avoir défendu des actes terroristes au Xinjiang dans un article. "Bienvenue au club des correspondants expulsés de Chine", a écrit Mme Gauthier sur Twitter à destination de Mme Rajagopalan.
Melissa Chan, correspondante du service en anglais de la chaîne Al Jazeera, avait été expulsée du territoire chinois en 2012.

