Deux champions du monde français débutent ce week-end la nouvelle saison de Bundesliga, mais leurs trajectoires et leurs objectifs sont totalement différents : Corentin Tolisso (photo, saluant son nouveau coach Niko Kovac) doit encore s’imposer parmi les stars du Bayern Munich, quand Benjamin Pavard est déjà un pilier indéboulonnable du modeste club de Stuttgart. Wolfgang Rattay/Reuters
La Bundesliga est inquiète ! À la veille de la première journée, commentateurs et experts ressassent deux questions douloureuses : comment éviter l’ennui d’un septième titre consécutif du Bayern Munich ? Et comment stopper la lente dégringolade du football allemand, humilié au Mondial en Russie et en chute libre dans les compétitions européennes ?
Selon la tradition, le champion en titre ouvrira le bal ce soir à domicile contre Hoffenheim, troisième la saison dernière et qualifié pour la Ligue des champions. Les autres matches sont programmés en fin de semaine, avec un alléchant Dortmund-Leipzig qui donnera lui aussi, dès dimanche, quelques indications sur les rapports de force. Schalke, dauphin des Bavarois la saison dernière qui a perdu à l’intersaison ses deux jeunes internationaux Leon Goretzka (Bayern Munich) et Max Meyer (Crystal Palace), se déplace demain à Wolfsburg.
Pour le « Rekordmeister » et son nouvel entraîneur Niko Kovac, remporter le titre national relève du service minimum, et une deuxième place serait vécue comme un échec. « Ceux qui espèrent que le FC Bayern Munich va se relâcher vont être déçus », a mis en garde le patron du club, Karl-Heinz Rummenigge : « Le gène qui provoque la sensation de ne plus avoir faim n’existe pas dans notre ADN ! »
Ribéry et Robben toujours présents
En fait, c’est au-delà des frontières que dirigeants et supporteurs du Bayern portent leurs regards. Le but est évidemment de reconquérir le seul trophée digne du club : la Ligue des champions, qui lui échappe depuis 2013.
L’équipe est bâtie dans cet objectif, mais tandis que les grosses écuries européennes se livrent à une course effrénée à l’armement, le mercato munichois suscite des interrogations. Arturo Vidal, « le taureau », est parti à Barcelone, Douglas Costa a rejoint la Juventus Turin, et un transfert de Jérôme Boateng au Paris Saint-Germain est encore possible. Les nouveaux arrivants ne sont pas du même calibre : les jeunes Goretzka et Serge Gnabry (retour de prêt de Hoffenheim) ont encore tout à prouver au plus haut niveau, la carrière du joueur portugais Renato Sanches (retour de prêt de Swansea) n’a toujours pas décollé et le petit prodige canadien Alphonso Davies, à 17 ans, n’est pour l’heure qu’une promesse d’avenir.
Les champions d’Allemagne ont en outre pris le risque de prolonger d’une saison le duo Franck Ribéry et Arien Robben (35 et 34 ans), certes redoutables sur la pelouse, mais sujets aux blessures récurrentes et désormais à la peine pour tenir le rythme de deux matches par semaine toute une saison.
Traumatisme national
D’aucuns se demandent aussi si l’opposition que le Bayern rencontre en Allemagne est suffisante pour le préparer aux joutes européennes. L’échec de l’équipe nationale au Mondial (élimination au premier tour) a traumatisé le pays, mais a surtout mis en lumière un phénomène observé au niveau des clubs depuis quelques saisons : le foot allemand n’est plus compétitif. « On peut dire que la Bundesliga et l’équipe nationale sont l’une et l’autre au fond du trou », commente l’ancien champion du monde et sélectionneur Berti Vogts. À l’exception du Bayern, note-t-il, les résultats des équipes allemandes dans les compétitions européennes sont en chute libre.
Le marché des transferts ressemble aussi chaque été à un exode des talents vers l’étranger. La seule vedette du Mondial arrivée en Allemagne cette année est le Belge Axel Witsel (de Tianjin Quanjian à Dortmund pour 20 millions d’euros). « Pourquoi aucune star mondiale ne vient-elle jouer en Allemagne ? » demande avec indignation Berti Vogts, qui met en cause le jeu « ennuyeux et peu efficace » des équipes de la Bundesliga, où n’évolueront cette saison que deux champions du monde, Corentin Tolisso à Munich et Benjamin Pavard à Stuttgart.
La réglementation très stricte, qui empêche les clubs allemands de se vendre à des investisseurs et donc de concurrencer les richissimes Anglais ou Espagnols sur le marché des transferts, est l’une des réponses à la question de Vogts.
Source : AFP

