C’était la gentillesse faite chair, il avait cette élégance si spontanée et naturelle qu’elle devenait raffinement. Une telle distinction dans les gestes et le parler que son interlocuteur avait toujours comme le sentiment d’être honoré d’avoir une conversation avec lui. Mais sa modestie aussi l’emportait sur tout le reste et l’on restait soi-même, sans artifice, lorsqu’on avait à converser avec lui. Cet homme si aimable vous passait comme une contagion de tranquillité et respirait la paix.
Je le revis après de nombreuses années d’absence en rentrant au pays il y a deux ans. Il se savait menacé et me l’annonçait sans ambages, mais avec un flegme contrit comme s’il avait, en l’annonçant, plus de peine pour ses amis qui allaient le perdre que pour lui-même qui allait leur dire adieu ! C’était son style, aux antipodes de l’égocentrisme, toujours à l’écoute de l’autre, toujours la main sur le cœur, toujours généreux.
Malheureusement mon cher ami Pierrot, la maladie a été plus forte que ta lutte stoïque et silencieuse. Tu nous as quittés en plein dans les chaleurs de cet été qui te ressemble et le feu de ton amitié met nos cœurs sur les braises de la douleur. Quelle absence lourde à porter !
Chucri ABBOUD
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Pierre Bassil, la gentillesse incarnée
OLJ / le 17 août 2018 à 00h00

