Des employés d’EDZ ont organisé un sit-in le 8 août 2018, bloquant la route menant au siège de l'entreprise. Photo ANI
Des employés d’Électricité de Zahlé, une société privée qui a obtenu, dans les années 1920, la concession pour produire et distribuer de l’électricité lors des coupures de courant, ont organisé un sit-in mercredi, bloquant la route menant au siège de l'entreprise, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).
Avec cette manifestation, les travailleurs d'EDZ voulaient exprimer leur soutien au président du Conseil d'administration de la société, Assaad Nakad, accusé par trois députés de la Békaa, Michel Daher et Salim Aoun du bloc aouniste, ainsi que César Maalouf des Forces libanaises, de gonfler les prix d'approvisionnement en courant électrique. Le député Daher avait annoncé la semaine dernière son intention de porter plainte contre Assaad Nakad, qui était par ailleurs candidat aux dernières élections législatives sur la même liste que lui. L'ANI rapporte que les forces de sécurité se sont déployées à l'endroit du sit-in.
La concession obtenue par EDZ doit s’achever fin 2018. Le distributeur avait dû renoncer à ses prérogatives de production dans les années 1960, au profit d’Électricité du Liban (EDL) créée à cette époque, pour se contenter de gérer le réseau de distribution. En 2015, face à l’incapacité d’EDL à fournir du courant 24 heures sur 24, EDZ avait toutefois repris la production de courant de façon illégale, en louant des générateurs déployant une puissance d’environ 50 mégawatts (MW) pour fournir de l’électricité à ses 200.000 abonnés pendant les pannes. EDZ a ainsi réussi à se substituer aux exploitants de générateurs privés (illégaux mais tolérés) en distribuant et facturant à un tarif unique l’électricité achetée à EDL à un tarif subventionné ainsi que celle produite par ses générateurs (dont le coût de production évolue en fonction des cours du carburant).

