Le directeur de la Sûreté générale libanaise, Abbas Ibrahim. Photo ANI
Le directeur de la Sûreté générale libanaise, Abbas Ibrahim, a estimé que le retour des réfugiés syriens présents au Liban ne pouvait se faire sans une coopération entre les autorités libanaises et le régime du président Bachar el-Assad.
Chargé par le président de la République, Michel Aoun, d'être en contact avec les autorités syriennes au sujet du rapatriement des réfugiés syriens qui se trouvent au Liban, le général Ibrahim a expliqué que sa mission avait pour but de "faciliter le retour volontaire des déplacés syriens, (...) en coopération avec les autorités syriennes et les organisations internationales au Liban".
"Ce retour ne peut se faire sans contacts avec l'Etat syrien et les autorités concernées dans ce pays", a estimé Abbas Ibrahim, dans un entretien accordé au magazine de la Sûreté générale, rapporte mardi l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). "Ceci n'est pas un secret, et ces contacts sont quasi-quotidiens", a-t-il ajouté. "Les opérations d'enregistrement (de réfugiés syriens) pour un retour se poursuivent et sont à la hausse (...)", s'est-il félicité.
Le Liban accueille près d'un million de réfugiés syriens enregistrés auprès de l'ONU. Lundi, la Sûreté générale a annoncé que les réfugiés syriens désireux de rentrer chez eux pourraient commencer à s'enregistrer à partir du mardi 7 août dans des centres ouverts dans les différentes régions libanaises, précisant que la situation des Syriens en situation irrégulière serait "régularisée gratuitement".
La Russie a lancé lors du sommet de Helsinki qui a réuni, le 16 juillet, les présidents russe et américain, Vladimir Poutine et Donald Trump, une initiative pour le retour des réfugiés installés au Liban et en Jordanie. À cette fin, Moscou propose de créer un groupe de travail réunissant les Russes, les Américains et les Jordaniens sur la base du centre de coordination russo-jordanien à Amman, ainsi que la création d’un groupe similaire au Liban.
La SG a organisé au cours des derniers mois, en coopération avec Damas, des opérations de rapatriement vers la Syrie. Cinq vagues de retours volontaires ont ainsi été organisées depuis le mois de juin.
Pour leur part, le Hezbollah et le Courant patriotique libre avaient formé des comités conjoints chargés d’organiser le retour des réfugiés se trouvant dans les régions où les deux formations politiques ont une présence prépondérante.
Commentant l'initiative russe, Abbas Ibrahim a expliqué que celle-ci "est en voie d'application après que les responsables libanais en ont été informés". Mais il a fait valoir que "toute initiative pour un retour de ressortissants étrangers chez eux doit obligatoirement passer par la Sûreté générale". "Nous sommes prêt à coopérer avec n'importe quelle partie pour alléger le poids des déplacés au Liban", a ajouté Abbas Ibrahim. "L’initiative russe, et toute autre initiative, est la bienvenue".
Il a également affirmé qu'il allait dire aux partis politiques, notamment le Hezbollah et le Courant Patriotique Libre, qui tentent d'organiser unilatéralement le retour de réfugiés syriens que leurs initiatives doivent également passer par la SG et l'Etat libanais.
Abbas Ibrahim a estimé qu'il y avait environ 1,4 million de réfugiés syriens au Liban, et que les dernières opérations de retour supervisées par la SG ces dernières semaines ont permis à "à peu près 5.000" d'entre eux de rentrer.
Il a enfin indiqué que la crise entre le ministère des Affaires étrangères et le Haut Commissariat pour les réfugiés était en passe d'être réglée. "Nous avons formé plusieurs comités avec le HCR sur l'ensemble du territoire libanais pour enregistrer les noms des déplacés syriens désireux de rentrer", a-t-il ajoutant, estimant que le HCR, accusé par le ministère de chercher à entraver ces retours, adoptait dorénavant une attitude plus positive. "Je crois que la question a été réglée maintenant et les relations avec le HCR sont revenues à la normale", a-t-il encore dit.

