Un conseiller du ministère libanais sortant de l'Environnement a défendu vendredi l'option controversée des incinérateurs comme solution à long terme à la crise des déchets ménagers qui sévit au Liban depuis plusieurs années, notamment contestée par Paula Yacoubian (Sabaa), députée de Beyrouth issue de la société civile, au moment où la municipalité de Beyrouth envisage d'installer une usine de ce type dans la capitale.
"Plusieurs pays à travers le monde ont adopté la solution de l'incinération. Dans le cas du Liban, il n'y a pas d'espace suffisant pour traiter les déchets", a déclaré lors d'une conférence de presse Joseph Asmar, rappelant également que plusieurs riverains et municipalités se sont opposés à l'installation d'usines de traitement. "Pour parer à ce défaut de traitement décentralisé des déchets, nous sommes obliger d'opter pour le traitement centralisé grâce à l'incinération", a-t-il ajouté.
"Le ministère de l'Environnement fait de son mieux pour promouvoir un traitement sain des déchets grâce au tri, au recyclage et au compostage", a ajouté M. Asmar, soulignant que "la technique de l'incinération, utilisée et contrôlée partout dans le monde, n'est pas aussi toxique comme certains le pensent".
Mardi, Mme Yacoubian avait promis de s'opposer aux incinérateurs pour le traitement des déchets, à Beyrouth ou ailleurs dans le pays, rappelant les risques que poserait une telle usine pour les riverains de la capitale.
Avant la conférence de presse de la députée, le conseil municipal de Beyrouth avait tenu une réunion autour du cahier des charges du futur incinérateur qu'il compte installer. Toutefois, le document n'a pas été adopté comme cela était prévu, en raison notamment d'une opposition interne à certains points figurant dans le texte. Au final, le conseil municipal a décidé de demander au bureau international de consultants Rambol, qui a rédigé le cahier des charges, d'inclure des mesures de contrôle plus strictes en vue de dissiper les craintes exprimées autour du projet. L’appel d’offres vise à confier la construction et le fonctionnement de l’incinérateur à une société privée. Ce cahier des charges devra encore être approuvé par le ministère de l’Intérieur puis par le Conseil des ministres avant d’être opérationnel.
Le 27 juillet dernier, un projet de loi sur la gestion des déchets ouvrant la possibilité d'utilisation de la technique de l'incinération, avait été adopté par les commissions mixtes, en prévision d’un vote à l’assemblée générale.


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