X

Culture

Beyrouth, carrefour des cultures, accueille le Jazzmine Bey Quartet

Musique

Ambition, créativité et professionnalisme sont les pierres angulaires qui ont assuré la grande réussite de ce quartette qui joue ce soir.

24/07/2018

On le sait, la musique, ce cri d’amour universel, a rassemblé l’« irrassemblable » en transmettant au cœur des hommes le sens réel de la joie de devenir frères. Ce concept-là, le Jazzmine Bey Quartet – un groupe de jazz libanais, formé pourtant d’un pianiste et compositeur français (Bruno Paoli), d’un saxophoniste américain (Thomas Hornig), d’un contrebassiste suisse-allemand (Ruedi Felder) et d’un batteur franco-suisse (Arnaud Oeggerli) – y adhère à fond.
Son histoire remonte à 2012 lorsque le destin, frappant à la porte du Razz’zz, à Beyrouth, a été accueilli par les trois musiciens européens qui, forts de leur expérience dans la musique jazz, fondent le trio « Bruno et les p’tits suisses ». Deux années plus tard, en 2014, un nouveau membre rejoint le groupe – le saxophoniste Thomas Hornig, connu sous le nom de Tom, instaurant de ce fait un nouveau dicton : jamais trois sans quatre! C’est ainsi qu’est né le Jazzmine Bey Quartet. Ambition, créativité et professionnalisme, voici les pierres angulaires qui ont assuré sa réussite et dont le premier fruit a été l’enregistrement d’un bouquet de sept pièces composé par Bruno Paoli, intitulé Suite au Cham, et enregistré à la somptueuse Résidence des Pins dans le bureau même de l’ancien ambassadeur de France au Liban, Patrice Paoli, frère du musicien. Mais c’est loin d’être fini ! Dans le but de perpétuer son credo musical, Jazzmine entame une « tournée mondiale » (pour reprendre les mots du compositeur français qui signifie par là le cosmopolitisme libanais), de Beyrouth-Ouest jusqu’à Beyrouth-Est, rassemblant à chaque concert un peuple épris d’amour et de fraternité, mais aussi et surtout de notes bien bleues.

Expatriation et intronisation
 Bruno Paoli est professeur chercheur à l’Université Lyon 2 et responsable de l’équipe langues et littérature du monde arabe. Issu d’une famille de diplomates, son enfance n’était ni facile ni tout à fait comme celle des autres, malgré les stéréotypes qui auréolent la vie de ces derniers : expatriation au Maroc, en Syrie, en Libye, des voyages qui n’ont fait qu’alimenter sa flamme pour le monde arabe. Bien qu’il soit pianiste autodidacte, il a su parfaitement dompter son clavier en fréquentant les clubs de jazz où il a fait mûrir et émerger son talent avec les légendes incontournables telles que le pianiste américain Bobbie Few et le pianiste français Alain Jean-Marie. Avec Philippe Paillasson, Michel Foster et d’autres, il crée le premier festival de jazz en Syrie, Jazz Caravan, en 1995. Il accompagne de nombreux artistes du Moyen-Orient, de l’Europe et des États-Unis comme Lena Chamamyan, Cynthia Mac Pherson et Akosh Szelevenyi. Thomas Hornig, quant à lui, est le saxophoniste américain le plus connu du Moyen-Orient depuis son arrivée au Liban en 1994. Il est incontestablement le musicien occidental qui a accompagné le plus grand nombre d’artistes du monde arabe en général et du Liban en particulier, tels que Julia Boutros, Oussama Rahbani, Hiba Tawaji, Majida el-Roumi, Arthur Satyan et d’autres, mais également des artistes français et américains dont Thierry Paul, Michel Bontemps et Manu Fraiman, pour ne citer qu’eux.
Quant à Ruedi Felder, ayant achevé ses études d’ingénieur agricole, il avait décidé de se consacrer à la musique en mettant en avant son talent de guitariste qu’il avait développé en Suisse avec Christoph Jaeggin. Ayant trouvé l’amour de sa vie au Liban, il s’y installe et se lance dans une carrière de contrebassiste avec nombre d’artistes et de groupes libanais dont la Big Band du Conservatoire national.
Enfin, Arnaud Oeggerli, voulant poursuivre ses études universitaires après 10 ans de service dans l’armée française, a choisi en 2011 le Liban et plus précisément l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, pour se spécialiser en physiothérapie. Cependant, les gènes musicaux qu’il avait hérités de son père, chef d’orchestre et trompettiste réputé, se sont exprimés durant son séjour au pays du Cèdre et se sont traduits par des concerts auprès d’Arthur Satyan, de Ziad Rahbani, de Jean-Marie Riachi... Comme l’Évangile nous rappelle que c’est au fruit qu’on reconnaît l’arbre, le monde musical nous apprend que c’est aux concerts qu’on reconnaît l’artiste. Après des concerts à Iris Domain Vineyards, à Tota Mar Mikhaël, à Onomatopoeia The Music Hub à Sioufi, le groupe sera ce soir à Now Beirut à Tabaris à partir de 21h30. À tester en live...


Pour mémoire

Jazz à corps perdu

À la une

Retour à la page "Culture"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Tempête dans la région, crise gouvernementale au Liban

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué