Le député Antoine Habchi : « Maintenir l’agriculteur dans sa terre tout en combattant le trafic illégal. » Photo ANI
Antoine Habchi, député de la région de Baalbeck-Hermel (Forces libanaises), a annoncé hier qu’il allait présenter une proposition de loi visant à amender la loi sur la drogue, de manière à protéger les agriculteurs en légalisant le haschisch à des fins thérapeutiques, seulement, et à lutter plus efficacement contre le trafic illégal et l’activité des dealers.
Rappelons que le président du Parlement Nabih Berry avait chargé la semaine dernière une commission d’experts d’élaborer une proposition de loi pour la légalisation du haschisch à usage médicinal au Liban.
« Les FL ont une vision de la lutte contre la drogue qui s’est concrétisée avec la proposition de loi présentée par l’ancien député Joseph Maalouf en mai dernier, a précisé M. Habchi lors d’une conférence de presse au Parlement. Cette proposition visait à amender la loi n°98/673 sur la drogue, en vue de régler les problèmes des agriculteurs et des toxicomanes, et de mettre un terme à l’activité des dealers. Suite à cela, je vais présenter une proposition de loi revêtue du caractère de double urgence en vue d’amender certains articles de la loi 98/673, pour transformer cette culture en une culture alternative. » Il a précisé que cette proposition de loi serait prête aujourd’hui dans sa forme définitive.
Selon le député, ces amendements consisteront essentiellement à soustraire la plantation du haschisch à l’interdiction et à réserver sa production à l’usage thérapeutique. « Cela pourra se faire par le biais de permis accordés à des compagnies pharmaceutiques qui achèteront les récoltes, la supervision étant confiée à une compagnie spécialisée, dans le respect de conditions définies par le gouvernement. Les permis délivrés aux agriculteurs seront octroyés par cette compagnie. Le ministère de la Santé sera également impliqué dans la surveillance de cette opération et de sa supervision, par le biais d’un département réservé à la drogue et chargé de s’assurer du respect des normes légales et techniques. »
M. Habchi a précisé qu’il faudra mettre en place un système de comptage des plants, de sorte que l’agriculteur ne pourra en remplacer un sans remettre l’ancien à la compagnie, qui devra s’assurer de sa conformité aux besoins de la production pharmaceutique. « Nous sommes favorables à l’introduction de compagnies locales et mondiales dans la compétition, sachant que l’agriculteur sera protégé par un système de permis, de réglementations et de garde-fous, a-t-il ajouté. Les compagnies lui assureront des rentrées supérieures à celle du trafic illégal. Ainsi nous l’aurons maintenu dans sa terre, tout en luttant plus efficacement contre le trafic de drogue. »
Car, selon M. Habchi, « actuellement, ce sont les trafiquants qui profitent le plus de la culture du cannabis, leur liberté de mouvement étant facilitée par la couverture politique dont ils jouissent ».


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