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Monténégro: les prorusses relèvent le "message clair" de Trump

AFP
19/07/2018

La description par Donald Trump du Monténégro comme un "petit pays très agressif" susceptible de déclencher une guerre mondiale, est "un message clair" du président américain, a commenté jeudi pour l'AFP un leader de l'opposition prorusse.
La presse de ce petit pays d'un peu plus de 600.000 habitants en bord d'Adriatique relève de son côté le silence des autorités monténégrines, pro-occidentales.
"Homme le mieux informé de la planète, Trump a simplement reconnu le Monténégro comme le pays le plus instable et le plus petit de l'OTAN, et lancé un message clair selon lequel il ne voit pas pourquoi il enverrait ses enfants s'y faire tuer", a déclaré à l'AFP Andrija Mandic, joint par téléphone.
Aujourd'hui président, Milo Djukanovic, alors Premier ministre, a conduit au forceps son pays, majoritairement slave et orthodoxe, jusqu'à l'intégration à l'Otan au printemps 2017. Il s'était heurté à l'hostilité d'une partie de la population, avec de violentes manifestations en 2015.

En octobre 2016, la justice monténégrine avait affirmé avoir déjoué un coup d'Etat et une tentative d'assassinat de Milo Djukanovic, qui, selon elle, auraient été ourdis par des militants prorusses. Andrija Mandic fait partie des suspects actuellement en procès pour ce complot supposé.
Toutefois, l'opposition prorusse semble en perte de vitesse. En avril, le pro-occidental Milo Djukanovic, qui dirige le Monténégro quasiment sans interruption depuis 1991 et l'a conduit à l'indépendance de la Serbie en 2006, a été élu président au premier tour.
Le seul candidat ouvertement prorusse, Marko Milacic, avait recueilli moins de 3% des suffrages. Mladen Bojanic (33,5%) était soutenu par la coalition prorusse du Front démocratique, mais aussi par un groupe représentant la société civile opposée à Milo Djukanovic.
Pour Andrija Mandic, "Trump a dans le fond fait une description des problèmes qui existent au Monténégro, une société profondément divisée et je pourrais même dire à la limite d'un conflit".

Mercredi soir, devant les députés, le Premier ministre Dusko Markovic s'est limité à un commentaire sibyllin, expliquant que les déclarations de Trump ne s'inscrivaient "pas dans un contexte de justification de l'existence de l'Otan, mais du financement de l'Otan".
"Il a répondu à une question dans laquelle il a dit que le peuple monténégrin était courageux et qu'il ne voulait pas que des citoyens américains se battent et se fassent tuer pour d'autres membres de l'Otan", a-t-il paraphrasé.

Pour l'analyse politique Sergej Sekulovic, les déclarations de Trump ne représentent pas "un soutien à quiconque", mais s'inscrivent "dans un contexte de nécessité de détendre les relations entre les Etats-Unis et la Russie".
"Un regain de tension politique est possible, mais fondamentalement, les conditions pour une déstabilisation ne sont pas là", a-t-il ajouté pour l'AFP.

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