À Dimane, une extraordinaire ferveur a entouré la châsse de sainte Marina. Photo Michel Akl
C’est avec une extraordinaire ferveur et dans la cohue des grands jours que la châsse contenant les restes mortels de sainte Marina, acheminée de Venise, a été accueillie hier, à l’aéroport de Beyrouth et tout au long de la route empruntée par le camion à carlingue transparente qui l’a conduite à Dimane (Liban-Nord). Là, une messe solennelle a été célébrée dans la chapelle du siège patriarcal d’été par le patriarche Béchara Raï à l’intention de la grande sainte symboliquement rendue à sa patrie, puisque née dans la région côtière de Qalamoun (Liban-Nord), et dont c’était hier la fête canonique. Dans son homélie, le patriarche a retracé la vie d’une sainte hors du commun qui vécut, selon les dernières recherches, au Ve siècle, et que son père avait réussi à faire admettre sous le prénom masculin de Marinos, dans un couvent d’hommes où lui-même avait pris l’habit monastique après la mort de sa femme. Faussement accusée d’avoir rendu enceinte une jeune villageoise, Marina ne souffla mot de son état et accepta l’accusation, par charité chrétienne. Mais son silence héroïque lui valut d’être chassée de son couvent et condamnée à la garde d’un enfant supposé être de ses œuvres, et qu’elle allaita d’abord, miraculeusement, à son sein. La vérité de son état et de son sacrifice fut connue à sa mort, à l’âge de 25 ans, quand les moines voulurent faire sa toilette mortuaire. La châsse de sainte Marina sera exposée à la vénération des fidèles jusqu’au 23 juillet, dans la grotte qui porte son nom, dans la Vallée sainte, au voisinage immédiat du couvent patriarcal de Qannoubine.

