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Agenda - Hommage À Jacques R. Saadé

Le grand homme et la mer sans limite...

Tout au long des neuf années où j’ai travaillé à ses côtés, au sein de la Chambre de commerce franco-libanaise dont il était le président élu et principal bailleur de fonds, j’ai appris à connaître Jacques R. Saadé l’homme, le visionnaire, l’homme d’affaires intraitable, le père tout autant affectueux qu’exigeant, le mari tout autant attentionné que présent, bref, un personnage aussi simple que complexe…
Ayant perdu son propre père à un âge assez jeune, il a dû se mettre à la tâche en ouvrant grands ses yeux et ses oreilles, acceptant les « conseils et le coaching » de l’avocat de son père, feu mon oncle Naoufal Élias. Les plus anciens de ses employés se rappellent encore les pauses café gourmand qu’il organisait tous les jours à 16h dans son bureau à Marseille pour ses employés libanais, syriens ou arméniens.
Son grand cœur de Méditerranéen inspiré luttait au quotidien avec sa volonté intraitable de réussir, de grandir et de faire asseoir son entreprise parmi les grands du monde maritime mondial.
Issu de cette petite mer presque fermée de Méditerranée, il s’est ouvert des océans et des continents qu’il a reliés grâce à ses porte-conteneurs.
Premier à avoir envisagé et avoir compris l’intérêt de la mondialisation pour le commerce international, il a su positionner sa société sur les jonctions Nord/Sud et Est/Ouest, proposant ainsi aux grands groupes industriels et de distribution des accords globaux sur le transport de leurs marchandises.
Son secret consistait à rester ouvert à toute idée, proposition ou initiative qui lui permettait d’affiner son analyse et son jugement, afin de pouvoir prendre la ou les décisions les plus éclairées sur le développement de son groupe.
Aujourd’hui, on parle de data mining, de bases de données, de technologie permettant aux décideurs de définir leurs stratégies de développement ou de fonctionnement. Le cerveau de Jacques R. Saadé à lui seul le connectait à la moindre source d’information provenant de ses employés à travers le monde et qui pouvait se révéler capitale pour envisager une ouverture à tel port ou tel terminal, voire une fusion avec tel ou tel autre groupe.
Vous raconter Jacques R. Saadé n’est pas mon propos. Je voudrais juste lui témoigner de ma reconnaissance pour tout ce que j’ai appris à ses côtés et lui dire qu’il a tellement bien formé ses enfants qu’il n’a aucune crainte à se faire quant à l’avenir de ce beau groupe qu’il a fondé avec eux et pour eux… La barre est bien tenue, l’équipage est bien rodé et son état-major a déjà prouvé son efficacité…
Je pense à Ishac et Farid, les deux compagnons de toujours, qui avaient saisi et aimé son intelligence ainsi que son esprit entrepreneur, les risques calculés qu’il savait prendre pour tirer encore plus loin l’ensemble de sa flotte…
Je voudrais dire à Nayla qui l’a accompagné dans le silence et la pertinence pendant toutes ces années qu’il y a quelques jours, JRS l’a certes quittée, mais qu’il est parti rejoindre l’au-delà, où plus de contraintes spatio-temporelles ne pourront limiter son esprit et son intelligence…

Kinda Marie ÉLIAS

Tout au long des neuf années où j’ai travaillé à ses côtés, au sein de la Chambre de commerce franco-libanaise dont il était le président élu et principal bailleur de fonds, j’ai appris à connaître Jacques R. Saadé l’homme, le visionnaire, l’homme d’affaires intraitable, le père tout autant affectueux qu’exigeant, le mari tout autant attentionné que présent, bref, un personnage aussi simple que complexe…Ayant perdu son propre père à un âge assez jeune, il a dû se mettre à la tâche en ouvrant grands ses yeux et ses oreilles, acceptant les « conseils et le coaching » de l’avocat de son père, feu mon oncle Naoufal Élias. Les plus anciens de ses employés se rappellent encore les pauses café gourmand qu’il organisait tous les jours à 16h dans son bureau à Marseille pour ses employés...