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Syrie/Deraa: l'ONU suspend ses convois humanitaires depuis la Jordanie

AFP
28/06/2018
Les Nations unies ont annoncé jeudi avoir suspendu leurs convois humanitaires transfrontaliers depuis la Jordanie vers la province méridionale de Deraa en Syrie en raison des combats.

"La route d'approvisionnement venant de la frontière jordanienne, jusqu'à présent extrêmement efficace, a été interrompue en raison des combats de ces derniers jours", a déclaré le chef du groupe de travail humanitaire de l'ONU sur la Syrie, Jan Egeland, lors d'un point de presse à Genève.
"Il n'y a pas eu de convois transfrontaliers depuis le 26 juin", a-t-il spécifié.

M. Egeland a expliqué que "les combats ont été si intenses qu'il n'y a pas d'accord suffisant pour garantir un passage sûr pour les convois" et a appelé les "acteurs armés à apporter ces garanties". "Et alors les convois repartiront", a-t-il assuré.

Le sud de la Syrie fait théoriquement l'objet depuis 2017 d'un cessez-le-feu négocié directement par Moscou, Washington et Amman.
Mais après avoir consolidé son pouvoir sur la capitale Damas et ses environs en chassant rebelles et jihadistes, le pouvoir du président syrien Bachar el-Assad a ouvert un nouveau front dans le sud du pays, une région sensible bordant la frontière avec la Jordanie et le plateau du Golan, en partie occupé par Israël.

Les forces du régime, avec le soutien de la Russie, ont ainsi réalisé une percée stratégique contre les rebelles dans la province méridionale de Deraa où quelque 750.000 civils seraient menacés par les opérations militaires selon l'ONU. Et quelque 50.000 civils ont déjà été déplacés, selon M. Egeland. Cet exode est inédit dans cette région depuis le début de la guerre en Syrie, en 2011.

"C'est déchirant parce que c'est une zone où les gens se sentaient en sécurité jusqu'à il y a seulement dix jours", a déploré M. Egeland.
"En juillet de l'année dernière, nous avons applaudi le fait que la Russie, les Etats-Unis et la Jordanie rendent possible cette zone de désescalade. Maintenant, il n'y a plus de protection, que la guerre", a-t-il poursuivi, lançant un appel à ces trois pays pour qu'ils mettent à nouveau fin aux combats.
"Nous ne pouvons pas laisser la guerre entrer dans une région comptant 750.000 civils", a-t-il dit.

Alors que la majorité des civils fuyant les combats essaient de trouver refuge près de la frontière avec la Jordanie, Amman a néanmoins réaffirmé sa position consistant à maintenir sa frontière fermée depuis 2016 et à ne plus accueillir de réfugiés, faisant craindre aux organisations internationales une nouvelle crise humanitaire.
"Nous exhortons la Jordanie à laisser les frontières ouvertes", a demandé M. Egeland.

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