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La Dernière

Quand l’École de mode de l’ALBA repousse les limites de l’impossible

Mode

C’est un défilé éminemment conceptuel et surprenant qu’ont présenté le 13 juin à Station les étudiants de 1re et 2e année de l’École de mode de l’ALBA. Un mot d’ordre : « Surmonter les contraintes inhabituelles ».

19/06/2018

Sur le terrain, les deux premières promotions en cours de formation de la jeune école parrainée par l’Ensav-La Cambre et le créateur Rabih Kayrouz ont donné à voir des travaux réalisés autour de consignes spécifiques.
Ainsi, les quatre étudiants de première année, Marie-Gaëlle Helou, Marianne Checri, Jackie Beik et Joanne Haddad ont travaillé sur « le corps extraordinaire », la chemise événement et la jupe drapeau. Les 2e année, Mabel Sfeir, Yasmine Issa, Nour Mzawak, Andréa Chaanine et Nadine Bou Arbid, ont créé une petite garde-robe déclinant le pantalon, « la robe architecture », la doudoune, la maille, les pièces complémentaires et les chaussures.

Le corps extraordinaire
Cette pièce interprétant le corps humain a donné lieu à des créations spectaculaires au niveau des volumes et des textures. Celle réalisée par Marianne Checri dans des tissus évoquant la chair était particulièrement intéressante, malgré un clin d’œil évident à la robe en vraie viande portée par Lady Gaga en 2010 aux MTV Awards.

Les chemises
Particulièrement surprenantes étaient les chemises réalisées par les étudiantes de 1re année, entre cols rehaussés, asymétries cohérentes, dos basculés ou ouverts et rayures jouant avec les transparences.

Les jupes
Portées par des mannequins masculins, les jupes étaient ici de véritables manifestes, notamment parce que selon la consigne elles devaient s’inspirer du drapeau. Assorties de tee-shirts à messages, l’une d’elles s’ouvrait en éventail, révélant des couleurs vives sous une enveloppe noire.

Le pantalon
Cette pièce vestimentaire répondait parfaitement à l’objectif de l’École de mode de l’ALBA qui est, entre autres, de « transformer les traditions en innovations avant-gardistes et universelles ». Le pantalon, souvent inspiré du sarouel, résulte ici d’un mixage de codes et d’uniformes résultant de recherches effectuées dans divers quartiers de Beyrouth.

La robe architecture
Un titre qui est à lui seul une consigne. La robe devait être composée de trois pièces superposées, le fond étant obligatoirement coupé en biais et l’infrastructure s’inspirant de la tente. L’ensemble soutient une « sur-robe ».

La doudoune
Pièce-clé des vestiaires contemporains, la doudoune a ouvert pour les étudiants les vannes de la démesure. Augmentation ici, diminution là, déplacement de structure et décalage étaient bien visibles. Toutes les pièces, avec leurs couleurs contrastées, étaient spectaculaires.

La maille
Irrésistibles, les pulls tricotés présentés dans cette catégorie jouaient l’usure mais aussi l’accumulation de points différents, créant des textures nouvelles et prenant en compte la tête et le cou pour former à l’arrivée un vêtement-abri, une douillette maison ambulante avec ses murs décatis et son intérieur chaleureux.

Les chaussures
La consigne consistait à créer des paires de chaussures à partir de chaussures existantes, « contraires ou complémentaires ». On a vu des baskets évidées et des escarpins montés sur des tongs, le tout résultant visiblement d’une véritable réflexion sur l’usage et l’esthétique d’un accessoire de plus en plus fétichisé.
Sortant pour la première fois de leur laboratoire, les jeunes étudiants de la toute jeune école de l’ALBA-La Cambre fondée en 2016 ont offert, dans le cadre de l’espace artistique Station transformé par une scénographie de Firas Hallas, sur fond de projection de scènes urbaines typiquement beyrouthines et sur une musique conçue par Etyen, un défilé audacieux et avant-gardiste qui promet de passionnantes réalisations pour la suite. Encadrés par la directrice Émilie Duval et son assistant Éric Ritter, c’est en toute confiance qu’ils sont sortis des sentiers battus d’une mode trop convenue, visiblement impatients de la dépoussiérer.



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