Samedi, la reine Elizabeth II a fêté ses 92 ans en assistant, comme chaque année, à une parade militaire organisée à Londres en son honneur. Son anniversaire tombe en réalité le 21 avril, mais la monarque britannique le célèbre traditionnellement le deuxième samedi de juin, comptant sur une météo plus clémente. La famille royale était au grand complet sur le balcon du palais de Buckingham, à l’exception du prince Philip, époux de la reine, qui, approchant le centenaire, a décidé de s’épargner cette cérémonie longue d’une heure. Daniel Leal-Olivas/AFP
Aussi gaffeur et blagueur qu’Elizabeth II est réservée, le prince Philip, qui seconde solidement son épouse, souveraine depuis plus d’un demi-siècle, a fêté hier ses 97 ans. L’événement s’est déroulé sans tapage, puisqu’il a passé la journée « en cercle privé », a indiqué un porte-parole du palais de Buckingham, sans préciser où.
La veille, samedi, la reine Elizabeth II a, elle, fêté ses 92 ans en assistant comme chaque année à une parade militaire organisée à Londres en son honneur. Son anniversaire tombe en réalité le 21 avril, mais la monarque le célèbre traditionnellement le deuxième samedi de juin, comptant sur une météo britannique plus clémente. Alors qu’il assiste généralement au défilé à ses côtés, Philip s’est cette fois épargné cette cérémonie longue d’une heure, ayant pris sa retraite l’été dernier, après des décennies d’engagements officiels auprès de sa royale épouse.
Approchant le centenaire, le prince a décidé de lever le pied, même s’il continue d’accompagner Elizabeth II lors de certains événements. Lors du mariage de son petit-fils, le prince Harry, avec l’actrice américaine Meghan Markle, le 19 mai, le duc d’Édimbourg est ainsi apparu le pas alerte, six semaines après avoir subi avec succès une opération de la hanche.
De souche allemande, Philip de Grèce et du Danemark est né à Corfou sur une table de cuisine le 10 juin 1921. À l’âge de 18 mois, il est évacué dans un lit fait de cartons d’oranges à bord d’un navire britannique, avec ses parents et ses quatre sœurs aînées, alors que son oncle, le roi de Grèce, est déposé. Il connaît ensuite une enfance solitaire et agitée, entre la France, l’Angleterre et l’Allemagne. Sa mère, dépressive, est hospitalisée, puis entre dans les ordres, tandis que son père s’installe à Monaco. Ses sœurs se marient à des Allemands, dont l’un est un dignitaire nazi. Recueilli par des membres de sa famille, il suit une scolarité nomade, avant de s’engager dans la Royal Navy et de prendre une part active dans la Seconde Guerre mondiale.
Il a 18 ans lorsqu’il rencontre pour la première fois la jeune Elizabeth, qui n’en a que 13, mais tombe sous le charme du grand officier blond. Leur union est d’abord vue d’un mauvais œil par les parents de la jeune princesse : Philip est un prince étranger, sans le sou et peu policé. Mais « Lilibet » l’adore et le mariage a lieu le 20 novembre 1947. Le couple s’installe dans la foulée à Malte, où le prince Philip vient d’être muté. « Philip Mountbatten », titre qu’il a pris à ses noces, est fait commandant et compte bien poursuivre sa carrière navale. La mort prématurée du roi George VI en 1952, qui propulse Elizabeth, âgée alors de 25 ans, sur le trône, est pour lui un déchirement, selon ses proches. Il lui faut abandonner ses ambitions et devenir à jamais le second de sa femme, la reine.
Philip se résigne à marcher deux pas derrière son épouse, sans pouvoir jamais entièrement cacher sa frustration. Ainsi, le jour où Churchill a conseillé que la famille prenne le nom de Windsor au lieu de celui de Mountbatten, Philip aurait hurlé : « Je ne suis qu’une foutue amibe ici ! » Mais il reste un soutien inconditionnel de la reine avec laquelle il a quatre enfants, huit petits-enfants et six arrière-petits-enfants. « Mon premier, second et ultime emploi est de ne jamais laisser tomber la reine », a-t-il dit un jour. Son tempérament fougueux et complètement opposé au « politiquement correct » lui fait commettre gaffes et provocations, parfois aux relents xénophobes. « Vous vous battez toujours à coups de lance ? » demande-t-il, en 2002, à un aborigène lors d’une visite en Australie. Un langage dont la reine ne lui tient pas rigueur, pas plus que ses sujets, qui trouvent qu’il apporte un peu de légèreté à la monarchie et saluent sa constance auprès d’Elizabeth II. L’acteur Matt Smith, qui l’a incarné dans la série à succès The Crown, relatant le règne d’Elizabeth II, voit en lui un homme « brillant et malicieux ». « Ce que j’aime chez lui, c’est qu’il fait ce qu’il veut, quand il veut, comme il veut, avec qui il veut... Et son épouse est la reine », a-t-il dit au journal The Observer. Mais le meilleur hommage rendu à Philip vient de son épouse elle-même, qui a déclaré : « C’est mon roc. Il a tout simplement été ma force et mon soutien. »
Source : AFP


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