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Yémen : l’émissaire spécial de l’ONU à Sanaa, l’étau se resserre sur Hodeida

OLJ/Agences
03/06/2018

L’émissaire spécial de l’ONU Martin Griffiths a effectué dimanche sa première visite à Sanaa pour rencontrer des responsables du camp rebelle, qui ont assuré être prêts à accepter un « compromis politique » avec la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, dont les forces resserrent l’étau autour de la ville portuaire stratégique de Hodeida.

M. Griffiths a rencontré le “ministre des Affaires étrangères” du gouvernement autoproclamé par les rebelles et non reconnu, Hicham Charaf. Selon l’agence Saba, contrôlée par le mouvement d’Ansarullah, ce dernier l’a assuré du soutien des rebelles aux efforts « visant à parvenir à un compromis politique pour arrêter l’agression » de la coalition.

M. Charaf, selon l’agence, a accusé les forces de la coalition de “torpiller tous les efforts de paix”, notamment avec “la dernière escalade sur la côte ouest”, dans une référence à l’assaut en cours contre la ville portuaire de Hodeida. Il a cependant assuré que les rebelles houthis étaient prêts à “tendre la main de la paix si cela peut mettre un terme aux opérations militaires et lever le blocus imposé au peuple yéménite depuis le 26 mars 2015”, date du déclenchement des opérations de la coalition sous contrôle saoudien. Le 15 mai, l’envoyé spécial de l’ONU s’était engagé à soumettre au conseil de sécurité un cadre pour la reprise des négociations dans la première moitié du mois de juin. M. Griffiths a déjà rencontré le président Abd Rabbo Mansour Hadi, en exil à Riyad, et des représentants du mouvement sudiste à Aden.


« Énorme coût humain »
Samedi, des des sources médicales et militaires citées par l’AFP avaient indiqué que la bataille pour la reprise par les forces progouvernementales appuyées par la coalition du port de Hodeida avait coûté la vie à plus de 100 combattants en moins d'une semaine.

Les troupes fidèles au président Hadi, appuyées par la coalition militaire, avaient avancé il y a quelques jours à une vingtaine de km de la ville de Hodeida, dont elles cherchent à chasser les rebelles d’Ansarullah, soutenus par l'Iran.

Hodeida, sur la mer Rouge, est le principal point d'entrée des importations et de l'aide humanitaire au Yémen. La coalition affirme que la ville est aussi un point de départ pour des attaques rebelles contre des navires et le lieu par lequel l'Iran livrerait des armes aux Houthis, ce que Téhéran dément. L'offensive est appuyée par l'aviation de la coalition et son centre de commandement est piloté au sol par les forces des Emirats arabes unis, membres de cette coalition.

Les hôpitaux dans la région d'Aden (sud), où est basé le pouvoir yéménite, ont indiqué avoir reçu 52 dépouilles, dont celles de 20 soldats, entre vendredi et samedi, ce qui porte le bilan des combats à 110 morts depuis le début de l'offensive lundi. Le reste des dépouilles semblent être celles de rebelles, ont-ils précisé à l’AFP.

Selon une source militaire progouvernementale, les rebelles ont tendu une embuscade samedi à un
convoi militaire dans la localité d'al-Dourayhmi dans le gouvernorat de Hodeida, situé à 230 km à l'ouest de la capitale Sanaa.

C'est la prise totale de Sanaa par les rebelles début 2015 et de vastes pans du territoire yéménite qui a poussé l'Arabie saoudite voisine à intervenir à la tête d'une coalition militaire pour stopper la progression des Houthis et par extension l'influence de son rival iranien.

L'ONU a dit craindre que l'opération militaire en cours n'affecte l'acheminement de l'aide humanitaire, dont 70% arrive au Yémen par le port de Hodeida, alors même que certaines régions du pays sont au bord de la famine. En novembre 2017, après le tir d'un missile balistique rebelle vers Riyad, la coalition avait instauré un blocus total du port de Hodeida, avant de l'assouplir sous la pression internationale.

Le secrétaire général du Norwegian Refugee Council, Jan Egeland, a ainsi déclaré à l’agence
Reuters que les forces de la coalition étaient « aux portes de cette ville portuaire » minée par les
rebelles, ajoutant que des milliers de civils avaient pris la fuite. Robert Mardini, directeur
régional pour le Proche-Orient du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a quant à lui
prévenu que la prise de Hodeida aurait « un énorme coût humain ».

Le Yémen importe 90 % de ses vivres, principalement à travers Hodeida où des inspecteurs de l’ONU contrôlent les navires pour s’assurer qu’ils ne transportent pas d’armes. Hodeida “demeure une bouée de sauvetage pour les hauts plateaux où vivent près de 70 pc des Yéménites », a souligné M. Mardini à l’agence Reuters. La guerre au Yémen a fait quelque 10.000 morts en un peu plus de trois ans.

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