Un prototype électrique de la marque chinoise Hongqi. En chinois, Hongqi signifie « drapeau rouge ». D’après le cabinet Boston Consulting Group, les voitures électriques constitueront la moitié du marché mondial d’ici à 2030, et Pékin prépare déjà la « guerre des batteries ». Photos Jason Lee/Reuters
Derrière le boom des ventes de voitures électriques, la Chine s’engage dans la bataille des batteries automobiles avec des fabricants géants aux ambitions mondiales, tels BYD et CATL. La Chine vise des ventes annuelles de 2 millions de véhicules électriques ou hybrides d’ici à 2020, contre 780 000 unités l’an dernier, via d’ambitieux quotas imposés dès 2019. D’après le cabinet Boston Consulting Group, les voitures électriques constitueront la moitié du marché mondial d’ici à 2030. Cet essor fulgurant met à l’épreuve l’industrie de la batterie, composant onéreux déterminant l’autonomie du véhicule. Ainsi, peu de constructeurs se hasardent à en fabriquer eux-mêmes car le coût reste prohibitif : le japonais Nissan s’est récemment séparé d’une production engagée avec son compatriote NEC.
De son côté, la France vise une multiplication par cinq des ventes de véhicules 100 % électriques. L’objectif est de vendre environ 150 000 véhicules 100 % électriques sur le marché français en 2022 (utilitaires compris), contre 30 000 l’an dernier. À cette date, Paris vise 600 000 véhicules électriques en circulation, auxquels s’ajouteraient 400 000 hybrides rechargeables. La France espère parallèlement voir émerger, dans le pays et en Europe, « une offre industrielle dans le domaine des batteries » alors que de nombreux spécialistes s’inquiètent de la mainmise de l’Asie, notamment de la Chine, dans ces technologies-clés.
Une Mercedes « made in France »
En outre, Mercedes-Benz a récemment annoncé qu’il allait produire pour la première fois un de ses modèles en France, un véhicule électrique compact. Mercedes-Benz a souligné vouloir investir « 10 milliards d’euros dans l’électrification de sa flotte » dans les prochaines années, et de « commercialiser plus de 10 modèles à propulsion électrique d’ici à 2022 ». Le groupe estime que la part de ses modèles électriques représentera « entre 15 et 25 % » de ses volumes de vente mondiaux à l’horizon 2025.
Par ailleurs, selon une étude réalisée dans les pays scandinaves, la méconnaissance et le mépris des vendeurs pour les véhicules électriques freinent leur développement. Cette étude se base sur des entretiens avec des représentants du secteur et des visites incognito dans des concessions automobiles de Finlande, Islande, Norvège, Suède et Danemark, région engagée dans le développement de transports plus propres. Le résultat est sans appel : les vendeurs, peu au courant des caractéristiques des voitures électriques hormis leur prix plus élevé que celui d’un véhicule à moteur à combustion, étaient « méprisants (…), informaient mal les acheteurs sur les caractéristiques, oubliaient les véhicules électriques dans la conversation et orientaient clairement les clients vers les véhicules diesel ou à essence ».
Source : AFP

