L'OTAN a repris le dialogue jeudi à Bruxelles avec la Russie après sept mois de brouille avec un échange consacré à la situation en Ukraine et aux craintes occidentales de guerre hybride de Moscou contre les Alliés.
"Les échanges ont été ouverts", a indiqué l'OTAN dans un communiqué. Et francs, a précisé l'ambassadrice des Etats-Unis Kay Hutchinson dans un message sur son compte Twitter: "Les Alliés ont partagé un message fort et unifié à la Russie: +Arrêter d'interférer en Ukraine et cessez les activités malveillantes qui cherchent à diviser notre Alliance", a-t-elle affirmé.
La reprise du dialogue s'est faite au niveau des ambassadeurs dans le cadre du Conseil OTAN-Russie, l'instance de consultation et de dialogue créée en 2002 et dont la dernière réunion datait d'octobre 2017.
Le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg souhaitait une réunion de cette instance pour apaiser les tensions provoquées par la crise ukrainienne et l'annexion de la Crimée par la Russie et la tentative d'assassinat de l'ex-espion russe Sergei Skripal et de sa fille en mars dans la ville britannique de Salisbury. Moscou dément formellement toute responsabilité dans cette dernière affaire.
La réunion, organisée dans le nouveau siège de l'Alliance, a duré trois heures. Elle a porté sur plusieurs dossiers, "y compris la situation en Ukraine et dans la région, les questions liées aux activités militaires, la transparence et la réduction des risques, ainsi que les techniques asymétriques en tant qu'aspects de la doctrine et de la stratégie", a détaillé l'OTAN dans un communiqué.
"Les membres du Conseil OTAN-Russie ont présenté leurs évaluations des facteurs affectant la sécurité militaire dans la région euro-atlantique, discuté des moyens de réduire les tensions actuelles et de prévenir les incidents dangereux", a pour sa part précisé la délégation russe dans un communiqué séparé.
Chacune des parties "a dit ce qu'elle avait à dire", a-t-on souligné de source diplomatique.
"Les discussions ont été apaisées et factuelles", a insisté un diplomate de l'Alliance. Mais "les Alliés ont fait part des sérieuses préoccupations provoquées par les cyberattaques, les campagnes de désinformation et les ingérences dans les élections" menées par Moscou, a ajouté le diplomate.
M. Stoltenberg a dénoncé à plusieurs reprises les ingérences de la Russie dans le processus électoral des pays de l'Alliance, considérées comme une des "techniques asymétriques" de la guerre hybride, une stratégie offensive combinant des moyens conventionnels et non conventionnels, réguliers et irréguliers, visibles et dissimulés.
La réunion du Conseil visait surtout à afficher des deux côtés la volonté de reprendre le dialogue.
Elle a également permis un point des principales manœuvres militaires.
L'Otan organise du 13 au 18 juin l'exercice "Saber Strike" auquel vont participer environ 18.000 militaires de 19 pays alliés et partenaires de l'OTAN dans les pays baltes et la Pologne.

