Roger Federer a reculé d’une place (2e) au classement ATP, après avoir été éliminé dès son entrée en lice au 2e tour du Masters 1000 de Miami. Il avait récupéré la place de n° 1 mondial en février, après six années d’attente. Matthew Stockman/Getty Images/AFP
Le nouveau n° 1 mondial, Rafael Nadal, n’a plus joué depuis deux mois, le roi Roger Federer fait une longue pause alors que des prétendants, Juan Martin Del Potro en tête, ont perdu leurs derniers complexes : la tournée américaine de mars, qui s’est terminée dimanche à Miami, a renforcé l’incertitude autour de la hiérarchie du tennis masculin.
Des quatre cadors qui font la loi sur le circuit masculin depuis 2005, seul Federer a joué un rôle de premier plan sur le ciment américain. Et encore, puisque Federer, auteur en 2017 du Sunshine double (Indian Wells/Miami), a vu son invincibilité prendre brutalement fin à Indian Wells face à Del Potro en finale. Il s’est ensuite incliné dès son premier match à Miami face à Thanasi Kokkinakis (n° 149). Une défaite qui lui a fait perdre la place de n° 1 mondial récupérée en février, après six années d’attente, et qui l’a conforté dans sa décision de faire une croix, comme en 2017, sur la terre battue.
C’est donc Nadal qui trône à nouveau au sommet de l’ATP, sans avoir joué un seul match depuis son élimination en quarts de finale à l’Open d’Australie. Blessé à une jambe, Nadal doit faire son retour sur terre battue, mais il a beaucoup de points à perdre et pourrait vite céder rapidement son trône à... Federer. Andy Murray, opéré à la hanche droite en janvier, vient tout juste de reprendre l’entraînement et son retour est prévu, pour l’instant, sur gazon. Reste l’énorme inconnue Novak Djokovic. Opéré d’un coude début février, Djokovic a complètement raté sa tournée américaine, avec des défaites d’entrée à Indian Wells et Miami. Plus grave, Andre Agassi – qui le conseillait depuis juin 2017 – a jeté l’éponge, suggérant que Djokovic (n° 13) n’était pas facile à entraîner.
Del Potro, à Indian Wells, et John Isner, à Miami, se sont offert leur premier titre en Masters 1000 après bien des échecs. Del Potro a enchaîné 15 victoires de suite entre Acapulco, Indian Wells et Miami, où il a chuté en demi-finales face à Isner. Del Potro (n° 6) peut viser haut, à condition de passer l’écueil de la terre battue, surface qui ne lui réussit plus depuis ses opérations successives aux poignets. Isner, lui, désormais n° 9 après son sacre à Key Biscayne, a fait forte impression durant la quinzaine de Miami alors qu’il n’avait gagné que deux matches jusque-là. Mais ses allergies à Roland-Garros et Wimbledon devraient limiter son ascension, au moins jusqu’au retour sur ciment en août.
Cette période d’incertitude pourrait notamment profiter à Milos Raonic, qui semble avoir tourné la page de sa saison 2017 où il a collectionné les blessures. Avec sa demi-finale à Indian Wells et son quart de finale à Miami, Raonic est désormais n° 22 à l’ATP. Si la terre battue n’est pas sa surface de prédilection, le gazon lui réussit très bien.
Les jeunes loups du tennis pourraient également en profiter pour aiguiser leurs dents. Après sa triomphale saison 2017 et deux premiers mois de 2018 mitigés, Alexander Zverev s’est relancé en atteignant la finale à Miami. Mais le n° 4 mondial, sans entraîneur depuis sa fracassante rupture avec Juan Carlos Ferrero, n’a pas encore prouvé qu’il pouvait s’imposer en grand chelem, où son meilleur résultat est son 8e de finale à Wimbledon en 2017. Borna Coric (n° 28), Chung Hyeon (n° 19) ou encore Denis Shapovalov (n° 45), sans oublier l’imprévisible Nick Kyrgios (n° 24), ont le talent et le culot pour donner un coup de vieux aux cadors.
Source : AFP

