Depuis un bon moment déjà, le véhicule autonome est la vedette de toutes les grand-messes de l’automobile. Le produit fascine, mais suscite des débats et a encore bien des défis à relever.
Où en est la technologie ? Il existe déjà des centaines de véhicules entièrement autonomes sur les routes de nombreux pays. Ce ne sont pas pour l’instant des voitures destinées à être vendues au grand public, mais sont des navettes ou des robots taxis. Ils sont opérés à titre expérimental par des entreprises de transport. Leur mission se limite à l’équivalent d’une ligne de bus ou la couverture d’une zone géographique très limitée, cartographiée de façon très précise et parcourue à faible vitesse.
Et les voitures particulières? Plusieurs constructeurs de marques haut de gamme (Tesla, Audi, Mercedes, Volvo, etc.) proposent des fonctions de conduite autonome partielle sur des véhicules de série. Certains peuvent, par exemple, se garer tout seuls. Les fonctions les plus avancées permettent de lâcher complètement le volant dans des situations bien précises, dans des bouchons ou sur autoroute par exemple. Le véhicule peut garder ses distances, freiner ou changer de fil et doubler, si nécessaire.
Comment ça fonctionne ? Une voiture autonome a besoin de trois types de capteurs différents, explique Guillaume Devauchelle, directeur de l’innovation de l’équipementier Valeo. Il peut s’agir de caméras associées à un radar et un scanner. Cette triple redondance va permettre « une grande certitude » sur la reconnaissance des piétons ou objets alentour. « Vous devez avoir moins d’une chance sur un milliard de vous tromper », poursuit M. Devauchelle. Les systèmes sont cependant encore limités par la complexité urbaine, notamment en Europe, par les nombreux piétons, vélos ou motos. Mais aussi plus généralement par les intempéries, comme la neige, qui gênent les capteurs. La structure des villes américaines et la faible densité sur certaines routes est plus favorable. Dans tous les cas, « on est encore très loin du jour où l’on pourra regarder légalement un film » en laissant la voiture conduire toute seule en toute circonstance, souligne Rebecca Lindland, analyste de la société de recherche Kelley Blue Book, basée en Californie. Ainsi, dans les voitures particulières commercialisées en Europe, le conducteur est toujours tenu de rester les yeux sur la route afin de rester maître du véhicule. Les fonctions autonomes les plus avancées y sont donc bridées.
Où en est le marché ? Les fonctions de conduite autonome se limitent encore à des véhicules très haut de gamme, mais devraient se diffuser progressivement. Les navettes ou robots taxis sont encore un marché de niche, mais qui devrait progresser très fortement en 2018, selon des experts. Ces véhicules devraient avoir un grand avenir le jour où ils pourront être opérés commercialement par des sociétés de taxis ou VTC, de type Uber, des opérateurs de transport urbain comme la RATP à Paris, ou bien les sociétés de livraison à domicile. Toute la filière automobile s’y prépare pour le début des années 2020.
Source : AFP

