Une nouvelle passe d'armes sur le dossier de l'électricité a opposé mardi Antoine Zahra, député Forces libanaises de Batroun, et le ministre CPL de l’Énergie, César Abi Khalil.
"Si tu veux mentir, éloigne les témoins", a lancé M. Zahra dans une déclaration faite au siège du Parlement, dans le centre-ville de Beyrouth. "Tout ce qui est dit sur le dossier de l'électricité existe dans les procès-verbaux des débats des commissions parlementaires sur la loi concernant le plan de 2010", a-t-il indiqué. "Ceux qui tentent de duper les gens et accusent les autres de mettre des entraves, il est possible de les dénoncer", a conclu le député FL sur le sujet.
Mis en cause, M. Abi Khalil a répliqué sur son compte Twitter. "Voici le texte de la loi 181 de 2011 qui montre clairement ce que nous disons. Quand tu veux mentir, cache le journal officiel", a déclaré le ministre de l’Énergie, accompagnant son message d'un extrait du projet de loi.
Au début du mois, le chef du Courant patriotique libre et ancien ministre de l’Énergie, Gebran Bassil, avait reproché au ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, proche du leader du mouvement Amal, Nabih Berry, d'avoir bloqué le dossier de la production d'électricité et empêché l'approvisionnement du pays en courant 24 heures sur 24. M. Khalil avait accusé M. Bassil de "tentative de vol et de corruption". Cette passe d'armes s'inscrit dans le cadre des tensions opposant le CPL et Amal.
En 2010, Gebran Bassil avait lancé un plan global pour l'énergie qui prévoyait du courant 24 heures sur 24 à partir de 2014-2015, moyennant des investissements totaux (part du privé incluse) de 4,870 milliards de dollars. L’objectif était notamment de porter la capacité de production totale à 4 000 mégawatts en 2014 et 5 000 MW après 2015, contre une capacité disponible réelle de 1 685 MW en 2011. Plus de sept ans après l'adoption de ce plan, la production de courant ne dépasse toujours pas les 2 000 MW, et le rationnement est toujours en vigueur.

