Le Comité de prévention de la torture (CPT), un organe du Conseil de l'Europe, a dénoncé mardi l'isolement imposé par la Turquie au leader kurde Abdullah Öcalan, condamné à la réclusion à perpétuité et détenu sur l'île-prison d'Imrali.
L'ex-président du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un mouvement séparatiste considéré comme terroriste par Ankara, les Etats-Unis et l'Union européenne, n'a reçu aucune visite de ses avocats depuis juillet 2011 et une seule d'un membre de sa famille depuis octobre 2014.
Le CPT, qui avait déjà demandé en 2013 qu'il soit mis fin à l'isolement d'Abdullah Öcalan, "enjoint aux autorités turques de prendre sans délai les mesures nécessaires pour que tous les détenus d'Imrali puissent recevoir des visites de leurs familles et de leurs avocats".
Quoique l'administration turque justifie ses refus de visite sur l'île par des raisons techniques ou météorologiques, il apparaît, selon le CPT, qu'ils obéissent à des considérations sécuritaires "appliquées sans aucune base légale".
Tout en reconnaissant la bonne qualité matérielle des conditions de détention, le CPT juge par ailleurs "inacceptable" qu'Öcalan et ses codétenus ne puissent se rencontrer que neuf heures par semaine.
Le rapport, dont Ankara vient seulement d'autoriser la publication, se réfère à une situation constatée par le CPT lors d'une visite à Imrali en avril 2016, mais la situation d'Abdullah Öcalan n'aurait pas évolué depuis, selon ses avocats.
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Le Conseil de l'Europe dénonce l'isolement d'Öcalan par Ankara
Reuters / le 20 mars 2018 à 13h27

