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Espagne : Amnesty accuse une loi antiterroriste de brimer la liberté d'expression

Amnesty International accuse la loi espagnole sanctionnant l'apologie du terrorisme de porter atteinte à la liberté d'expression, dans un rapport présenté mardi à Madrid.

Dans son rapport, titré "Tweete... si tu l'oses", l'ONG considère que l'article 578 du Code pénal espagnol, qui punit l'apologie du terrorisme et l'humiliation des victimes, est utilisé pour "réprimer les expressions politiques, surtout sur les réseaux sociaux".

Ces derniers mois, plusieurs internautes ou artistes espagnols ont été condamnés pour des tweets ou des paroles considérés comme faisant l'apologie du terrorisme.  Parmi eux, le rappeur Pablo Hasel, condamné le 2 mars à deux ans de prison pour des tweets et une chanson, ou Valtonyc, alias José Miguel Arenas Beltran, dont la Cour suprême a confirmé en février une peine de trois ans et demi de prison pour des paroles de ses chansons. 

"Ces gens sont arrêtés exclusivement pour avoir publié des opinions gênantes, des opinions critiques, parfois insultantes, parfois offensantes, mais aucune d'entre elles n'a directement incité au moindre acte de terrorisme", a assuré à la presse Esteban Beltran, directeur d'Amnesty en Espagne. Il a réclamé l'abrogation de l'article du Code pénal en question, soulignant que le nombre de condamnations pour apologie du terrorisme est passé d'une seule en 2011, quand les séparatistes de l'ETA ont renoncé à la lutte armée, à 31 en 2017. 

"Je me prépare mentalement à ce qu'on doive aller en prison", a déclaré Nyto Rukeli, un des 12 rappeurs du collectif La Insurgencia condamnés en décembre à deux ans de prison et attendant leur jugement en appel. "Nous n'avons pas beaucoup d'espoir", a ajouté le rappeur de 23 ans condamné pour des paroles de ses chansons. 

Eda Seyhan, auteure du rapport, a considéré qu'il planait en Espagne "une ambiance d'autocensure", les citoyens s'interdisant de faire des "blagues sensibles par peur des poursuites".

Amnesty International accuse la loi espagnole sanctionnant l'apologie du terrorisme de porter atteinte à la liberté d'expression, dans un rapport présenté mardi à Madrid.
Dans son rapport, titré "Tweete... si tu l'oses", l'ONG considère que l'article 578 du Code pénal espagnol, qui punit l'apologie du terrorisme et l'humiliation des victimes, est utilisé pour "réprimer les expressions politiques, surtout sur les réseaux sociaux".
Ces derniers mois, plusieurs internautes ou artistes espagnols ont été condamnés pour des tweets ou des paroles considérés comme faisant l'apologie du terrorisme.
 Parmi eux, le rappeur Pablo Hasel, condamné le 2 mars à deux ans de prison pour des tweets et une chanson, ou Valtonyc, alias José Miguel Arenas Beltran, dont la Cour suprême a confirmé en février une peine de trois ans...