Deux dirigeants du casino Partouche de Cannes, dans le sud-est de la France, ont été inculpés dans la nuit de lundi à mardi pour abus de biens sociaux, dans une affaire impliquant des dissimulations de mises de poker, a-t-on appris auprès du parquet.
Le président de l'établissement, qui attire en saison une forte clientèle du Moyen-Orient, a été placé sous contrôle judiciaire, assorti d'une interdiction de diriger ou de gérer l'établissement de jeux, et devra verser une caution de 30.000 euros, a annoncé le procureur de la République de Marseille (sud-est), Xavier Tarabeux, à l'AFP.
Le directeur général du casino cannois, installé au rez-de-chaussée et au 1er étage d'un hôtel, le 3-14, a été également placé sous contrôle judiciaire, assorti des mêmes conditions.
Deux joueurs, dont l'un avait le statut "d'ambassadeur" au sein de l'établissement de la Côte d'Azur, ont par ailleurs été inculpés pour complicité et recel d'abus de biens sociaux, placés sous contrôle judiciaire avec interdiction de paraître dans des casinos et des cercles de jeux, et obligation de verser des cautions de 20.000 et 4.000 euros respectivement.
Deux autres personnes, placées en garde à vue, sont ressorties libres du bureau du magistrat en charge de l'enquête.
Les gardés à vue "sont soupçonnés d'avoir organisé depuis au moins un an et demi avec la bénédiction des directeurs et des responsables de jeux du casino de Cannes --passés et présents-- des parties de poker au cours desquelles le montant joué était très supérieur au montant déclaré officiellement, créant de fait un système de blanchiment de fraude fiscale et de minoration des recettes fiscales pour le casino", selon une source proche du dossier.
"Le montant déclaré était parfois 20 fois inférieur à celui réellement joué", selon cette source.
Le groupe Partouche, dont le cours de Bourse a dévissé de 15% lundi après l'annonce des gardes à vue, a assuré mardi, avant l'ouverture des marchés, être "en conformité avec la loi et tout particulièrement en matière de réglementation des jeux et de lutte contre le blanchiment". La société, se disant "affectée par un battage médiatique sans commune mesure avec les premiers résultats de la procédure", a aussi souligné que les faits "auraient été commis au préjudice du seul casino de Cannes".

