X

Diaspora

Des ponts académiques entre le Liban et le Mexique

Universités

L’USEK vient de signer deux conventions universitaires avec des établissements du grand pays d’Amérique centrale, où les Libanais émigrés sont présents en nombre.

OLJ
06/03/2018

L’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK) a signé avec l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM) une convention-cadre favorisant la mobilité des étudiants de licence et de master. Cette convention ouvre grandes les portes aux enseignants chercheurs, de part et d’autre, pour un échange académique et scientifique aux niveaux de l’enseignement et de la recherche. L’UNAM est une des plus grandes universités du monde, avec ses 300 000 étudiants.
Le vice-recteur de l’UNAM, Domingo Alberto Vital Diaz, représentant le recteur Enrique Graue Wiechers, a accueilli le recteur de l’USEK, le père Georges Hobeika, au Mexique. Il lui a transmis l’intérêt que l’UNAM accorde au Moyen-Orient et particulièrement au Liban, en raison de sa composition stratégique, tant géographique qu’humaine, qui permet de partager une expérience devenue, à l’heure actuelle, une nécessité : celle de porter un regard multiculturel et multilingue sur le monde d’aujourd’hui. C’est la première fois que l’UNAM signe une convention d’échange académique avec une université libanaise.
Le recteur Hobeika a, pour sa part, affirmé que la convention consolide les ponts qui existent déjà entre le Mexique et le Liban, tout en rappelant que les Libanais sont accueillis au Mexique depuis plusieurs décennies. Si le regard pluriel ne faisait pas partie des normes de la terre d’accueil, les Libanais n’y auraient pas survécu à ce jour, a-t-il ajouté. « Nous pouvons réaliser des échanges plus riches entre nos institutions et planifier davantage de projets », a-t-il estimé.
L’USEK a signé également un mémorandum d’accord sur une collaboration académique avec l’université Panamericana (UP), plus spécifiquement entre le Centre culturel du Mexique de l’UP et le Centre des études et cultures de l’Amérique latine (CECAL-USEK). Le recteur de l’UP Mexico, Santiago Garcia Alvarez, a accueilli le recteur de l’USEK, le père Hobeika, pour la signature du mémorandum avec le directeur du CECAL, Roberto Khatlab. Ensuite, le père Georges Hobeika a donné une conférence à l’UP sur « Le rôle de l’université dans l’éducation à la diversité culturelle ».
La convention et le mémorandum prévoient que les trois institutions académiques faciliteront les échanges d’informations et de matériels académiques dans l’intérêt des deux universités, et organiseront conjointement des conférences, des colloques et des projets de recherches.

Un colloque sur les « christianismes orientaux »
À l’occasion de cette visite, l’UNAM a accueilli le premier colloque international portant sur « Les christianismes orientaux », organisé par la faculté des sciences humaines en partenariat avec le centre Sucumo (Séminaire de cultures du Moyen-Orient), dirigé par le professeur Carlos Martinez Assad, sociologue mexicain d’origine libanaise. M. Martinez Assad invite le Mexique à tisser des liens, dans le cadre de la conjoncture actuelle, avec différentes nations, et, notamment avec le Liban, vu que les Libanais ont une forte présence au Mexique. Le recteur Hobeika a inauguré le colloque avec une conférence intitulée : « Les chrétiens d’Orient, entre l’enclume de la persécution planifiée et le marteau de l’indifférence mondiale systémique. » Hoda Nehmé, prorecteur aux affaires culturelles de l’USEK, a également donné une conférence intitulée : « L’itinéraire de la pensée chrétienne humaniste au Moyen-Orient : de Farah Antoun à Amin Maalouf. » Roberto Khatlab, directeur du Cecal, a parlé des « églises chrétiennes d’Orient ». Ont pris part à ce colloque divers spécialistes mexicains, tels que le professeur Jean Meyer, Luis Xavier Lopes-Farjet, Carlos Antaramian et Martinez Assad.
Dans le cadre de sa visite académique au Mexique, le père Hobeika a également rencontré la communauté libanaise, à l’église Notre-Dame du Liban, notamment le supérieur du couvent de l’ordre libanais maronite au Mexique, Gaby Nassar, le père Yaacoub Badaoui, Mgr Georges Abi Younès, l’évêque de l’Église maronite au Mexique. De même, il a visité le Centre libanais de Mexique. Une grande réception a été donnée en hommage au recteur par le président du centre libanais, José Alejandro Serio Morales, et la communauté libanaise.
Depuis que le Cecal déploie les efforts au service d’un dialogue et d’une ouverture entre le Liban et l’Amérique latine, l’USEK a déjà signé plus de dix accords-cadres avec des universités d’Amérique latine. Le Cecal a publié quatre ouvrages sur les actes des colloques Moyen-Orient – Amérique latine (relations socio-culturelles et politiques), entre autres activités.
Cette ouverture sur la culture et le savoir en Amérique latine est une forme de quête des origines, étant donné le nombre considérable de Libanais qui vivent dans cette partie du monde et qui peuvent représenter, pour le Liban d’aujourd’hui, une référence morale. Ils peuvent ainsi renforcer notre recherche du dialogue et mieux comprendre le concept d’intégration dans une société plurielle, selon Roberto Khatlab.

Cette page est réalisée en collaboration avec l’Association RJLiban.  E-mail : monde@rjliban.com – www.rjliban.com

À la une

Retour au dossier "Diaspora"

Dernières infos

Les signatures du jour

L’édito de Ziyad MAKHOUL

Pays : Liban ; capitale : Téhéran

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué