L'émissaire saoudien Nizar Alaoula (g), s'entretenant avec l'ex-Premier ministre libanais Nagib Mikati, le 27 février 2018 au Liban. Photo Ani
L'émissaire saoudien, Nizar Alaoula, qui est arrivé lundi à Beyrouth, a poursuivi mardi ses concertations avec les responsables libanais, en s'entretenant avec l'ex-Premier ministre, Nagib Mikati, dans le cadre d'une tournée qui s'achève vendredi, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
L'émissaire saoudien, qui est accompagné par l'ambassadeur d'Arabie au Liban, Walid Yaacoub, et le ministre Walid Boukhari, s'est contenté de dire à l'issue de l’entretien qu'il se prononcera lors de sa prochaine visite à Tripoli, au Liban-Nord.
"Les relations avec l'Arabie saoudite sont toujours profondes et honnêtes (...), et la visite de M. Alaoula est naturelle est vise à renforcer la coopération bilatérale à tous les niveaux", a pour sa part affirmé M.Mikati. "Le roi Salmane et le prince héritier Mohammad ben Salmane sont soucieux de soutenir le Liban et de l'accompagner dans toutes les circonstances", a-t-il ajouté.
Un peu plus tard, Nizar Alaoula s'est rendu à Moussaytbé, où il a été reçu par l'ex-Premier ministre Tammam Salam. L'émissaire saoudien a quitté les lieux sans faire de déclaration.
"L'Arabie n'a pas de demandes relatives aux élections législatives libanaises", a pour sa part assuré M. Salam, lors d'une causerie avec les journalistes, dans des propos rapportés par notre correspondante Hoda Chedid.
"La seule demande du royaume, c'est le maintien des relations historiques qui lient le Liban et l'Arabie", a-t-il ajouté. Il a toutefois concédé que, "clairement, l'Arabie a des amis et des alliés qu'elle va soutenir lors des législatives. L'Arabie va également soutenir le Liban lors des conférences internationales" de Bruxelles, Paris et Rome.
M. Salam a ensuite estimé que l'invitation officielle envoyée au Premier ministre, Saad Hariri, pour se rendre en Arabie, "est une preuve du soutien du royaume au projet de M. Hariri". "L'Arabie insiste à dire qu'au Liban, il y a un État et une autorité légale (...)", a enfin ajouté M. Salam, relayant des critiques indirectes de Riyad envers le Hezbollah et son arsenal, un sujet qui divise la classe politique au Liban entre défenseurs et pourfendeurs du parti chiite et du maintien de ses armes en dehors du cadre de l’État.
L'émissaire saoudien s'est ensuite concerté avec l'ex-Premier ministre Fouad Siniora.
Hier, il avait été reçu par le président libanais, Michel Aoun, avant de retrouver le chef du gouvernement Saad Hariri, à qui il a transmis une invitation officielle à se rendre en Arabie saoudite. En soirée, il avait été convié à dîner par le chef des Forces libanaises, Samir Geagea.
Nizar Alaoula doit encore s'entretenir aujourd'hui avec le président du Parlement Nabih Berry. Il sera également reçu à Saïfi par le chef des Kataëb, Samy Gemayel.
La visite de l’émissaire, qui est conseiller auprès du cabinet royal, revêt une importance certaine dans la mesure où il s’agit du premier responsable saoudien à venir au Liban depuis le retour à Beyrouth de M. Hariri, à la veille de la fête de l’Indépendance et après sa brève démission-surprise.

