La Cour suprême des Etats-Unis se préparait à examiner lundi une affaire emblématique pour le monde du travail, faisant planer la menace d'une forte limitation de l'influence des syndicats américains.
Ce dossier concerne les cotisations syndicales obligatoires. Si celles-ci étaient jugées anticonstitutionnelles, comme le souhaitent des organisations conservatrices soutenues par le gouvernement de Donald Trump, les syndicats perdraient des milliers d'adhérents et seraient coupés du nerf de leur action: l'argent.
Conscients de l'enjeu, des dizaines de manifestants ont pris place tôt lundi devant le bâtiment de la haute cour, sur la colline du Capitole à Washington. La procédure a été lancée par Mark Janus, un simple fonctionnaire travaillant pour l'Etat de l'Illinois.
Au nom du premier amendement de la Constitution protégeant la liberté d'expression, M. Janus lutte contre la cotisation prélevée sur sa fiche de salaire finançant un syndicat dont il ne fait pas partie.
Dans une décision remontant à 1977, la Cour suprême avait jugé que les fonctionnaires ne pouvaient être obligés à payer des sommes utilisées à des fins politiques, mais qu'ils pouvaient en revanche être soumis à une cotisation compensant les frais engagés par les syndicats pour négocier des contrats collectifs s'appliquant à tous les employés.
Cette affaire s'inscrit dans plusieurs décennies d'une offensive antisyndicale menée par des organisations conservatrices qui veulent rogner l'influence des centrales de défense des salariés.
La question est d'ailleurs récemment venue devant la Cour suprême, qui à l'époque fonctionnait avec un neuvième siège vacant et était donc composée de quatre magistrats progressistes et de quatre conservateurs.
La décision rendue le 29 mars 2016, qui concernait un groupe d'enseignants de Californie, s'était conclue sur une égalité quatre contre quatre, sans faire jurisprudence et en maintenant le système en place. Les syndicats avaient poussé un "ouf" de soulagement. Mais le président Trump a depuis nommé un juge très conservateur à la Cour suprême, Neil Gorsuch.
Le camp antisyndical s'attend à ce qu'il apporte une cinquième voix décisive, celle de la victoire tant attendue par la droite américaine. Cela pourrait mettre en danger la survie même des syndicats du secteur public aux Etats-Unis.
Conscients de l'enjeu, des dizaines de manifestants ont pris place tôt lundi devant le bâtiment de la haute cour, sur la colline du Capitole à Washington.
La procédure a été lancée par Mark Janus, un simple fonctionnaire travaillant pour l'Etat de l'Illinois. Au nom du premier amendement de la...

