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Culture

Les rêveries d’une promeneuse solitaire

En librairie
06/02/2018

De rêve, de terre et de feu, premier opus de Joumana Haswany, est un « projet profondément personnel ». Bien qu’une impression de déjà-vu imprègne l’œuvre, la sincérité et la simplicité qui s’en dégagent sont rafraîchissantes.
«  Intense, c’est un mot que j’aime utiliser, cela nomme bien ce que je ressens  », explique l’artiste, assise parmi ses gigantesques toiles. Aujourd’hui, elle présente sa première publication, qui n’est pas tout à fait un livre, mais un objet d’art en soi. Les œuvres sont jumelées à de la prose, qui passe de l’arabe au français en passant par l’anglais.
Cèdres, tempêtes, vallées et montagnes ; la puissante nature qui l’a vue grandir est la source de son inspiration. L’artiste-peintre est née dans la vallée de Kadicha, dite la Vallée sainte. Elle a été baptisée dans la forêt des Cèdres de Dieu. Ce sont des lieux qui l’habitent : «  Quand je ferme les yeux, je revois cette petite maison accrochée au bord de la vallée  », raconte-t-elle, rêveuse. Autodidacte, elle a pris le pinceau il y a une quinzaine d’années, peu après la mort précoce de son grand frère, présent aussi dans ses toiles. Selon elle, c’est sa proximité avec cette souffrance qui l’a transformée en l’éternelle optimiste qu’elle est aujourd’hui. «  La tristesse est partout dans mon livre, mais l’espoir y a aussi sa place  », précise-t-elle, une pointe d’émotion dans la voix.
Les premiers pas de Joumana Haswany sur les toiles rappellent les impressionnistes. C’est d’ailleurs un voyage au musée d’Orsay à Paris, qui réunit plusieurs œuvres du mouvement, qui a provoqué son déclic pour la peinture. Des compositions suggèrent, toutes proportions gardées, un Renoir, d’autres plutôt un Monet, tout en célébrant des paysages typiques du Liban. Les sujets choisis et l’écriture évoquent un sentimentalisme à l’eau de rose que certains diraient dépassé. Certains lui reprocheront le style fleur bleue qui traverse son œuvre. L’artiste-peintre se défend : «  C’est un retour nécessaire à l’essentiel et les sentiments sont l’essence de la vie, loin de notre monde devenu trop digital  », conclut-elle avec une simplicité désarmante.
À signaler que Joumana Haswany signera son ouvrage au Salon du livre de Paris, sur le stand du Liban, du 16 au 19 mars.

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