Le contexte en matière de sûreté nucléaire en France est aujourd'hui "moins préoccupant" qu'il y a un an, a jugé lundi le président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l'organisme de supervision, Pierre-Franck Chevet.
"Le contexte général est en amélioration, moins préoccupant", a-t-il déclaré à l'occasion de la présentation de ses voeux à la presse, évoquant des progrès dans certains dossiers comme la teneur en carbone de certains équipement nucléaires, la cuve de l'EPR de Flamanville (ouest), qui a connu des difficultés, les irrégularités à l'usine du Creusot (centre) ou encore la santé financière d'entreprises du secteur.
L'EPR est un réacteur de troisième génération, conçu pour offrir une puissance et une sûreté améliorées, mais sa construction ne se fait pas sans heurts, et de multiples problèmes ont émaillé le chantier de Flamanville, mais aussi en Finlande. Le démarrage de l'EPR de Flamanville n'est pas prévu avant fin 2018.
Concernant les aspects financiers, la restructuration et le renflouement d'Areva représentent "une étape importante qui a été franchie". "Nous serons attentifs à ce que ces nouvelles capacités techniques et financières arrivent bien aux bons endroits en quantité et en nombre", a toutefois souligné Pierre-Franck Chevet.
Il a aussi fait état d'un certain nombre de "points de vigilance" de l'ASN.
En particulier, le groupe énergétique EDF "rencontre des difficultés persistantes dans la gestion de la conformité des matériels", a-t-il remarqué. Le gendarme du nucléaire a ainsi demandé à l'électricien un "plan d'action" avant une réunion sur le sujet à la fin du semestre.
"On peut être amenés pour des raisons de sûreté à arrêter une dizaine de réacteurs. Partant de là, il faut que le système électrique soit capable d'y faire face", a aussi rappelé Pierre-Franck Chevet.
Cette remarque intervient alors que le France veut réduire la part du nucléaire dans sa production d'électricité et que s'élabore actuellement la Programmation pluriannuelle de l'énergie pour les années 2019-2023.
La France a amorcé en janvier la fermeture de la centrale de Fessenheim, doyenne de l'actuel parc nucléaire français, située tout près de la frontière avec la Suisse et l'Allemagne, à travers la mise en place d'un comité de pilotage pour la reconversion du site.

