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Culture - Entretien

Benjamin Lycan et sa baguette magique à Gemmayzé

C’est au pays des illusions que le prestidigitateur français, magicien un peu fou, un peu loup-garou, emmène les spectateurs de 7 à 107 ans*.

Photo DR

Comment décide-t-on d’être magicien ?
On ne décide pas. C’est la magie qui décide pour nous. Et surtout, à la base, on est victime d’un tour de magie. C’est, en effet, à l’âge de 18 ans, après avoir été clown durant mon enfance, que j’ai eu le déclic. C’est un ami qui m’a transmis cette curiosité de la magie. Ce que j’ai ressenti ce jour-là en le voyant faire un simple tour de cartes, j’ai voulu le recréer. À mon insistance, il a fini par m’apprendre.

Y a-t-il un cursus à suivre ? Et quelles sont les grosses difficultés inhérentes à ce travail ?
Il n’y a pas de cursus scolaire, mais un apprentissage, de l’expérience. On entre en magie comme si on entrait dans un monde secret. J’allais à des clubs fermés où l’on rencontre des confrères et où l’on apprend avec eux. Certes, il s’agit de beaucoup de travail, mais cela exige d’abord un minimum de talent. Si on n’est pas doué du point de vue technique, on ne peut poursuivre cette carrière. En second lieu, il faut avoir une connaissance approfondie des rapports avec les autres. Enfin, réussir à avoir un bon produit qui fasse la route.




Quel a été le tournant de votre carrière ?
Après quelques années d’apprentissage, un agent m’a repéré et m’a proposé de monter des spectacles sur des croisières. J’ai donc fait le tour du monde pendant six ans et cela a été très formateur.


Comment est né le nom de scène Benjamin Lycan ?
À l’origine, mon nom est Ben J. Mais lorsque Patrick Sébastien m’a proposé de me produire dans Le Grand Cabaret du monde, j’ai eu envie de changer de nom. J’ai alors opté pour Lycan. Un lycanthrope signifie aussi un loup-garou. Un humain qui a la capacité de se transformer, partiellement ou complètement, en loup. Comme j’aime les loups, et que mon personnage était en continuelle évolution, j’ai décidé d’adopter ce nom définitivement avant le spectacle de Sébastien.


Peut-on expliquer les habits de scène que vous choisissez ?

Chaque magicien choisit l’habit de scène dans lequel il se sent le plus à l’aise. Pour ma part, je surfe entre des habits assez classiques, propres et soignés quand il s’agit de numéros de grande illusion et d’autres qui collent au thème du numéro. Par exemple l’habit d’Indiana Jones que je porte quand je fais un spectacle pour enfants et dont l’action se déroule en Égypte. Dans ce numéro, je suis un aventurier !


Un tour de magie, ce n’est donc pas un simple numéro. Cela raconte aussi une histoire ?
Effectivement. Qu’il s’agisse de deux minutes ou d’une heure, on ne peut proposer au public un simple tour. Il faut raconter, avec le numéro d’illusionniste, une histoire. On touche beaucoup plus l’audience en faisant appel aux sentiments.
La magie n’est pas de faire un simple effet, mais de créer une émotion à travers cet effet qui devient un simple prétexte. C’est ainsi que je prépare mes numéros en pensant d’abord au scénario puis, par la suite, je cherche ce qu’il y a de magique dans cette histoire. Et je fonce.


Le prestige est une étape dans le tour de magie. Que représente-t-il pour vous ?
C’est l’inattendu. Il s’agit d’une double finale que proposent certains tours. On voit déjà une première fin. Et la seconde surgit par surprise..

Qu’attendez-vous du public et à votre tour que lui proposez-vous ?
Il y a toujours de l’interaction dans mes spectacles. Je m’attends donc à ce que le public soit réactif et je lui retransmets cette émotion. Si, par hasard, je le trouve un peu lent à la détente, je booste alors le show. Ça marche toujours. C’est ça la magie.


*Théâtre Gemmayzé
Jusqu’au 21 janvier.
Billets en vente chez Antoine Ticketing.

Comment décide-t-on d’être magicien ? On ne décide pas. C’est la magie qui décide pour nous. Et surtout, à la base, on est victime d’un tour de magie. C’est, en effet, à l’âge de 18 ans, après avoir été clown durant mon enfance, que j’ai eu le déclic. C’est un ami qui m’a transmis cette curiosité de la magie. Ce que j’ai ressenti ce jour-là en le voyant faire un simple tour de cartes, j’ai voulu le recréer. À mon insistance, il a fini par m’apprendre. Y a-t-il un cursus à suivre ? Et quelles sont les grosses difficultés inhérentes à ce travail ? Il n’y a pas de cursus scolaire, mais un apprentissage, de l’expérience. On entre en magie comme si on entrait dans un monde secret. J’allais à des clubs fermés où l’on rencontre des confrères et où l’on apprend avec eux. Certes, il...
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