MM. Jarrah et Fayad (au centre), avec les deux mohafez de la Békaa et du Mont-Liban et d’autres représentants d’institutions : une réunion en faveur de l’accélération du processus de dépollution du Litani. Photo ANI
Le problème de la pollution du fleuve Litani, scandale continu depuis des décennies, a fait l'objet hier d'une réunion de la commission ministérielle chargée du suivi de la dépollution du fleuve, plusieurs mois après l'adoption d'une loi qui alloue 1 100 milliards de livres libanaises pour le traitement de cette pollution. Usines et villages se multiplient sur la berge du fleuve, et leurs eaux usées s'y déversent sans traitement, alors que l'eau ainsi polluée est surtout utilisée pour l'irrigation. Le ministre des Télécommunications Jamal Jarrah (bloc du Futur), le député Ali Fayad (bloc du Hezbollah), les nouveaux mohafez de la Békaa Kamal Aboujaoudé, et du Mont-Liban Mohammad Mekkaoui, le conseiller du président de la République Antoun Souhaid, le conseiller du Premier ministre Fadi Fawaz, ainsi que des représentants d'autres institutions étaient présents.
Le ministre Jarrah a précisé que « la réunion visait à décider d'une feuille de route pour la dépollution du Litani, qui devrait être soumise au Premier ministre Saad Hariri avant le 31 janvier 2018, afin que des mesures soient prises de la part du Conseil des ministres ». Il a précisé que la réunion a porté sur la gouvernance nécessaire et des mesures exécutives sur les plans technique et financier. « Il faut calculer la somme qui devra être prélevée dans le budget 2018, ajoutée à ce que pourront assumer le ministère de l'Énergie et le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) », a-t-il ajouté.
Catastrophe
Les priorités, selon M. Jarrah, passeront par la création de stations d'épuration des eaux usées, d'usines de traitement des déchets, ainsi que de dispositions pour traiter la pollution industrielle. « Tous les experts s'accordent à dire qu'il est urgent de traiter la pollution industrielle, les résidus de produits agricoles et les déchets, a-t-il poursuivi. Nous avons décidé d'intensifier nos réunions afin de parvenir à une solution le plus vite possible. Et il faut mettre ce plan en application au plus tôt, en vérifiant bien qu'il inclut toute la longueur du fleuve. » Et de préciser qu'il faut « éviter d'acheminer l'eau du fleuve sur la ligne 800 vers le sud, afin de ne pas disperser la pollution ».
Pour sa part, Ali Fayad a trouvé la réunion « fructueuse ». « Étant donné que je suis ce dossier de près au sein de la Campagne nationale pour la protection du bassin du fleuve Litani, j'ai averti les participants à cette réunion que la situation a encore empiré cette année malgré les mesures prises par plusieurs ministères, a-t-il précisé. Voilà pourquoi il faut accélérer le rythme de notre action. » Le député a rappelé qu'une loi votée au Parlement avait alloué 1 100 milliards de livres libanaises à ce projet de dépollution. « Voilà pourquoi il faudrait, par le biais d'une coopération entre ministères concernés, que les projets du haut bassin soient finalisés en deux ans, sans attendre le délai actuel de cinq ans, parce que la catastrophe va croissant », a-t-il insisté.
Pour sa part, M. Souhaid a affirmé qu'autant le président de la République que le Premier ministre appuient à fond ce projet vital pour le pays.


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