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Moyen Orient et Monde

Escalade verbale entre Washington et Téhéran sur le Yémen

L'Iran a estimé hier que les États-Unis lancent des accusations à son encontre sur l'armement des rebelles yéménites pour détourner l'attention de leur propre rôle dans la guerre meurtrière qui déchire le Yémen. « Alors que l'Iran appelle depuis le début à un cessez-le-feu (...) et au dialogue au Yémen, les États-Unis ont vendu des armes permettant à leurs alliés de tuer des civils et d'imposer la famine », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, en référence au soutien militaire américain à l'Arabie saoudite. « Aucune quantité de preuves ou de faits alternatifs ne masquera la complicité des États-Unis dans cette guerre », a poursuivi le chef de la diplomatie iranienne.
Jeudi, répétant les accusations de leur allié saoudien, les États-Unis ont affirmé qu'un missile tiré début novembre par les rebelles depuis le Yémen en direction de l'aéroport de Riyad avait été « fabriqué en Iran ». Ce missile, qui avait été intercepté en vol, avait aggravé la crise dans les relations entre les rivaux saoudien et iranien. « Il est nécessaire de prendre des mesures immédiates contre les activités terroristes du régime iranien », a indiqué un communiqué officiel saoudien publié par l'agence de presse SPA. Selon elle, Téhéran viole la résolution 2231 des Nations unies qui englobe l'accord nucléaire interdisant à l'Iran toute vente de missiles balistiques pendant cinq ans. Dans un récent rapport sur des tirs de missiles par les houthis vers l'Arabie saoudite, l'ONU indiquait avoir inspecté des débris d'engins laissant penser qu'ils avaient été fabriqués en Iran. Mais elle indiquait toutefois n'avoir pas été en mesure d'identifier le fournisseur des missiles ou les intermédiaires éventuels, poursuivant son enquête. La mission iranienne à l'ONU avait rejeté dès jeudi les accusations « infondées » de Mme Haley.
M. Zarif avait posté sur Twitter la photo de Nikki Haley devant les missiles incriminés, juxtaposée à celle de l'ancien secrétaire d'État Colin Powell, brandissant en 2003 à l'ONU ce que les États-Unis considéraient comme la preuve de la détention d'armes de destruction massive par Saddam Hussein, juste avant l'invasion américaine de l'Irak. « Quand j'étais à l'ONU, j'ai assisté à ce spectacle et à ce qu'il a engendré », a commenté M. Zarif sous la double photo.
De son côté, l'Arabie saoudite a appelé hier à agir « immédiatement » contre l'Iran, son principal rival au Moyen-Orient. Les Émirats arabes unis et Bahreïn, des proches alliés de l'Arabie saoudite, ont aussi appelé à agir contre l'Iran. En accusant jeudi l'Iran, l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley a affirmé que les États-Unis avaient des « preuves irréfutables » de ventes de missiles par l'Iran, une « violation flagrante » de ses obligations internationales.

L'Iran a estimé hier que les États-Unis lancent des accusations à son encontre sur l'armement des rebelles yéménites pour détourner l'attention de leur propre rôle dans la guerre meurtrière qui déchire le Yémen. « Alors que l'Iran appelle depuis le début à un cessez-le-feu (...) et au dialogue au Yémen, les États-Unis ont vendu des armes permettant à leurs alliés de tuer des...

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