Le ministère de l'Intérieur a demandé aux préfets de renforcer le contrôle des étrangers dans les centres d'hébergement d'urgence, une mesure dénoncée par les associations comme une remise en cause du principe d'accueil inconditionnel des sans-abris.
Dans une circulaire du 12 décembre, dévoilée jeudi dans la presse, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, et celui de la cohésion des Territoires, Jacques Mézard, invitent les préfets à "bâtir localement un dispositif de suivi administratif robuste des personnes étrangères en hébergement d'urgence".
Tout en rappelant en préambule la loi française, selon laquelle l'accès à un dispositif d'hébergement d'urgence n'est pas "subordonné à une condition de régularité du séjour", les ministres demandent de "veiller, en fonction de ce dispositif, à des orientations adaptées" et notamment à "un transfert ou un retour pour ceux qui ne remplissent aucune condition de droit au séjour".
Le gouvernement demande en outre la "mise en place de façon progressive (...) d'équipes mobiles chargées de l'évaluation administrative des personnes hébergées". Ces dernières devront "indiquer au moins 24 heures à l'avance leur venue au gestionnaire du centre d'hébergement", précise le texte.
A la suite d'une réunion vendredi dernier avec le gouvernement, l'Union des associations nationales d'hébergement et de lutte contre l'exclusion (Uniopss) a dénoncé un "tri des personnes sans abri" contraire au principe d'inconditionnalité, "marqueur fort des valeurs de solidarité et républicaines de notre pays".
"Le renforcement des mesures de contrôle (...) va précariser les personnes, dont des familles avec enfants, les éloigner des structures d'accueil en favorisant ainsi la reconstitution de squats et campements indignes, particulièrement dans les grandes villes", estiment en outre les signataires de ce communiqué, au nombre desquels France terre d'asile, la Cimade, Emmaüs et le Samu social de Paris.
Dans une circulaire du 12 décembre, dévoilée jeudi dans la presse, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, et celui de la cohésion des Territoires, Jacques Mézard, invitent les préfets à "bâtir localement un dispositif de suivi administratif robuste des personnes étrangères en hébergement d'urgence".
Tout en rappelant en préambule la loi française, selon laquelle l'accès à un dispositif d'hébergement d'urgence n'est pas "subordonné à une condition de régularité du séjour", les ministres demandent de "veiller, en fonction de ce dispositif, à des...

