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Réfugiés : manifestation de maires d'îles grecques contre la surpopulation

AFP
05/12/2017

Maires et habitants des îles grecques en mer Egée où plus de 15.000 réfugiés et migrants sont entassés dans des camps insalubres sont venus manifester mardi à Athènes pour réclamer leur transfert en Grèce continentale.

"Les (cinq) îles (d'enregistrement des réfugiés), surtout Lesbos, sont en état d'urgence", a déclaré le maire de cette île, Spyros Galinos, devant un groupe de 150 personnes venues à Athènes pour manifester devant le ministère de la Politique migratoire. Selon les chiffres officiels, 6.420 migrants et réfugiés vivent dans le camp de Moria à Lesbos, qui n'a qu'une capacité de 2.330 personnes.

Spyros Galinos a souligné que l'objectif de cette protestation était de "faire véhiculer la voix des habitants des îles mais aussi celle des réfugiés, qui vivent dans des installations inadéquates et leur vie est en danger".
"Des bateaux avec des migrants arrivent tous les jours aux îles (...) nous ne pouvons laisser personne sans abri", a dit Yannis Balbakakis, chef de Moria, dans un entretien au quotidien Ethnos.
"Nous travaillons sans arrêt pour gérer la situation mais il y a besoin d'une délocalisation immédiate", a-t-il affirmé.

Le Premier ministre Alexis Tsipras s'est entretenu avec les maires des îles mardi après-midi, selon ses services.

Les organisations pro-réfugiés ne cessent de souligner que leur déménagement dans des installations disposant de chauffage est une question de vie ou de mort.

L'année dernière, trois réfugiés étaient décédés dans leurs tentes à Moria à cause d'une intoxication au monoxyde de carbone.

Seuls les réfugiés ayant obtenu l'asile ou des familles vulnérables sont autorisés à quitter les îles pour la Grèce continentale.

Le gouvernement ne veut pas procéder à un transfert massif pour ne pas donner un mauvais message aux passeurs. Il incite plutôt les maires des îles à créer des logements supplémentaires dans des hôtels pour les réfugiés.

Le ministre de la Politique migratoire Yiannis Mouzalas avait indiqué que le transfert massif des réfugiés vers le continent alait contre l'accord UE-Turquie, signé en mars 2016.
Ce pacte a considérablement limité le nombre des réfugiés arrivant en Europe mais le flux a repris ces derniers mois.

Manolis Vournous, maire de Chios, a déploré que "le nombre des renvois en Turquie des migrants qui n'ont pas le droit à l'asile en Grèce soit très faible".

La question migratoire doit être abordée lors de la visite officielle prévue jeudi et vendredi à Athènes du président turc, Recep Tayyip Erdogan.

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