Le président turc Recep Tayyip Erdogan a assuré jeudi que son pays n'avait pas violé les sanctions américaines contre l'Iran, alors qu'un ex-ministre turc est mis en cause dans un procès explosif à New York.
"Quel que soit le résultat (du procès), nous avons fait ce qui était juste. Nous n'avons pas violé l'embargo", a affirmé M. Erdogan, cité par les médias turcs. De toute façon, a-t-il ajouté, "nous n'avons pas pris un tel engagement auprès des Etats-Unis".
Ces déclarations surviennent au lendemain du témoignage devant un tribunal américain d'un magnat turco-iranien, Reza Zarrab, qui a affirmé avoir versé plus de 50 millions d'euros de pots-de-vin à un ex-ministre turc pour faciliter un trafic illicite d'or avec l'Iran.
Arrêté aux Etats-Unis en mars 2016, Zarrab a plaidé coupable et coopère avec la justice américaine. Lors de son témoignage, mardi, il a également affirmé qu'un haut cadre de la banque publique turque Halkbank, Mehmet Hakan Atilla, avait aidé à maquiller ce trafic.
Cette affaire embarrasse Ankara au plus haut point, et la décision prise par Zarrab d'aider la justice américaine fait planer sur la Turquie le spectre de lourdes sanctions contre le secteur bancaire, alors que l'économie reste fragile.
Les dirigeants turcs s'évertuent depuis plusieurs semaines à décrédibiliser le procès, affirmant que celui-ci est piloté par le prédicateur Fethullah Gülen, qu'Ankara accuse également d'avoir ourdi le putsch manqué de juillet 2016. Il nie toute implication.
Le porte-parole du gouvernement turc Bekir Bozdag a ainsi qualifié jeudi le procès à New York de "mise en scène", affirmant que de nombreux partisans du prédicateur Gülen se trouvaient dans la salle d'audience.
Il a par ailleurs soutenu que les déclarations de Zarrab étaient des "diffamations" prononcées "sous la pression", sans fournir plus d'explications.
Mahir Ünal, porte-parole du parti présidentiel, l'AKP, a par ailleurs affirmé que "la Turquie ne se (laisserait) pas prendre en otage par un homme lui aussi retenu en otage", en référence à Zarrab.
Pendant près de quatre heures, mardi, Zarrab a décrit le système qui lui a permis, selon lui, de mener en 2012 et 2013 un juteux trafic visant à permettre à l'Iran d'utiliser ses ventes d'hydrocarbures pour ses paiements internationaux, malgré l'interdiction faite aux banques américaines et internationales de commercer avec l'Iran.
Selon Zarrab, Zafer Caglayan, qui était alors le ministre de l'Economie de M. Erdogan, a accepté de l'aider à mettre en place son stratagème "à condition de partager ses profits à 50/50".
Zarrab a déclaré avoir versé "entre 45 et 50 millions d'euros", plus "environ sept millions de dollars" de pots-de-vin à l'ex-ministre entre mars 2012 et mars 2013.
L'homme d'affaires a également affirmé que des sommes importantes avaient transité par plusieurs comptes de la Halkbank, mais celle-ci a démenti jeudi tout lien avec des activités illégales.
"Notre banque n'a participé à aucune transaction avec quelque pays que ce soit dont l'origine est incertaine ou illégale", a affirmé l'établissement dans un communiqué.
"Quel que soit le résultat (du procès), nous avons fait ce qui était juste. Nous n'avons pas violé l'embargo", a affirmé M. Erdogan, cité par les médias turcs. De toute façon, a-t-il ajouté, "nous n'avons pas pris un tel engagement auprès des Etats-Unis".
Ces déclarations surviennent au lendemain du témoignage devant un tribunal américain d'un magnat turco-iranien, Reza Zarrab, qui a affirmé avoir versé plus de 50 millions d'euros de pots-de-vin à un ex-ministre turc pour faciliter un trafic illicite d'or avec l'Iran.
Arrêté aux Etats-Unis en mars 2016, Zarrab a plaidé coupable et coopère avec la justice...

