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Culture

Elsa Grether : Devenir la musique que l’on joue...

E-terview

La violoniste Elsa Grether accompagne l'Orchestre philharmonique libanais*, sous la direction du maestro Walid Moussallem.

02/11/2017

À 37 ans, Elsa Grether, violoniste née à Mulhouse, en France, prix international Pro Musicis 2009, a déjà une profonde histoire d'amour avec la musique, notamment le violon dont elle découvre les sortilèges dès l'âge de cinq ans ! Demain soir, elle donne en soliste la réplique à l'Orchestre philharmonique libanais, placé sous la baguette du maestro Walid Moussallem – qui reçoit aujourd'hui les insignes de chevalier des Arts et des Lettres, décernés par l'ambassade de France au Liban. Par- delà notes et partition, à travers une e-terview, quelques propos éclairants sur une œuvre, une interprétation, une atmosphère.

C'est votre premier séjour au Liban. Qu'attendez-vous de ce voyage ?
Oui, ce voyage sera mon premier séjour au Liban, le pays du Cèdre et de Khalil Gibran, dont j'aime tant l'humanisme qui imprègne ses écrits d'une grande poésie ! Je suis émue et curieuse à la fois de découvrir ce pays original aux multiples facettes, à la culture si riche et si ancienne qui a su faire face aux remous de l'histoire.

Vous allez interpréter le « Concerto » pour orchestre et violon en ré mineur op 47 de Sibelius. Pourquoi ce choix ?
C'est un Concerto très original et puissant, l'alliance du feu et de la glace, de caractère très passionné et lyrique, parsemé d'atmosphères mystérieuses et minérales. Ce Concerto, composé en Finlande en 1903-1904, a une réelle dimension symphonique et requiert un équilibre subtil entre le violon et l'orchestre.

Si l'on devait vous demander de définir le violon, cet instrument de la joie et du deuil, quels seraient vos mots ?
C'est pour moi avant tout l'instrument le plus proche de la voix humaine, ce qui permet une infinité d'expressions et une grande palette de nuances. On parle d'ailleurs souvent de « trouver sa voix », un son personnel, reflet de l'âme, vibrant et émouvant, qui parle directement au cœur. C'est la recherche de toute une vie, avoir l'émotion juste, sincère et la communiquer au public. Plus que cela, « devenir la musique que l'on joue ».

Parmi les violonistes illustres, à qui vont vos préférences ?
Arthur Grumiaux pour la chaleur et la pureté de sa sonorité, son élégance stylistique, son phrasé ; Ginette Neveu, disparue trop tôt dans un accident d'avion, mais qui a laissé des enregistrements d'une incroyable présence et incandescence ; Isaac Stern pour sa sonorité terrienne et son engagement ; David Oistrakh, Léonid Kogan, Christian Ferras, Ruggiero Ricci qui a été mon maître ; plus près de nous, Gidon Kremer, Janine Jansen...

Quelle œuvre pour violon vous fait rêver ou vous pousse à ambitionner de lui donner une écoute marquée par votre personnalité ?
Il y a beaucoup d'œuvres que j'aime et souhaite (re)jouer et enregistrer : continuer mon exploration du répertoire pour violon seul et en particulier Les 6 Sonates d'Eugène Ysaye, rejouer le Concerto de Brahms avec orchestre, ceux de Prokofiev, jouer celui de Britten et le rare Concerto d'Henri Tomasi... Je suis également ouverte à la création.

À tout jeune violoniste en herbe, quels conseils prodiguez-vous ?
Que tous ses efforts soient guidés par l'amour de la musique. Travailler régulièrement, avec patience et détermination, développer sans cesse l'écoute. Avoir un esprit ouvert, écouter beaucoup de musique, développer une culture musicale.

Qu'avez-vous à dire au public qui va venir vous applaudir ce 3 novembre 2017 à l'église Saint-Joseph ?
Je me réjouis de le rencontrer en musique, j'espère pouvoir lui communiquer le feu qui habite le Concerto de Sibelius et l'emmener avec moi dans ce périple.

*Elsa Grether et l'Orchestre philharmonique libanais sous la direction du maestro Walid Moussallem en concert demain vendredi 3 novembre 2017 à l'église Saint-Joseph (USJ). À 20h30. Entrée libre.

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