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Lifestyle - Quelqu’un m’a dit

L’art libanais fait le globe-trotter

Lena Kelekian à la Biennale d’art de Beijing.

Les Italiens, rue Pasteur
On ne vend pas. On expose uniquement, pour le bonheur des yeux. Depuis samedi, Simone Kosremelli s'enivre de Prosecco et... de bijoux. Son espace Dahab, à la rue Pasteur, accueille douze architectes, designers-mobilier et sculpteurs italiens, tous piégés par l'or et l'argent, qu'ils façonnent avec panache. Avec des fils d'argent, Bice Derrico tricote des cravates et des bagues comme d'autres travaillent la dentelle. Passionné de la sculpture du verre de Murano, Angelo Rinaldi, un des artistes chouchous des Instituts culturels italiens qui le promènent à travers le monde, exhibe ses « torses » (broches en or), où le sexe de l'homme et le mamelon de la femme sont ornés de perles blanches. Qui dit que les piercings ne sont pas sexy ! Quant à Alberto Zorzi, professeur à l'Institut européen de design de Milan et à l'Université de Florence, qui tient une chaire à l'Académie des beaux-arts de Ravenne, il dévoile ses rectangles imbriqués avec brio les uns dans les autres. Ses créations, au langage strict des formes, sont décrites comme « constructions intelligentes ». D'Afra et Tobia Scarpa (digne fils du célèbre Carlo Scarpa), on connaît les fauteuils et les luminaires qu'ils dessinent pour Knoll ou Cassini. Là, on découvre leurs créations ethniques, inspirées de l'Inde. Mais le coup de cœur est pour Paolo Crema, qui, à mi-chemin entre la parure et la sculpture, offre un véritable travail d'orfèvre et fait preuve de virtuosité avec un collier qui se décline sous différentes formes.
Au menu également, Lella et Massimo Vignelli, Franco Albini et Franca Helg, Antonio Piva, Gio Pomodoro (sculpteur milanais décédé en 2002), Luigi Veronese, Gabrielle de Vecchi et Ephrem Guidi ainsi que Donatella Versace. Organisée en collaboration avec l'Institut culturel italien, l'exposition donne à voir 92 pièces qui couvrent toutes les tendances du design italien, du minimalisme au baroque.

Et mardi, ce n'est pas ravioli pour Simone. Ce soir, elle se joint à la nocturne des galeries d'art et ouvre son espace de 17 heures à 22 heures. Le prosecco va couler à flots. Il faut reconnaître à ce vin effervescent du nord de Venise une certaine vertu.

 

Week-end hyperrythmé
Le temps de trois soirées, l'Institut du monde arabe s'est drapé des couleurs du Cèdre, faisant honneur à l'art du Liban et à son histoire. Le programme baptisé « Liban, Libans », choisi par l'IMA, en association avec le Théâtre de la ville, a proposé un éventail de genres musicaux explorés par des artistes libanais.

En tête d'affiche, le concert Ilik Ya Baalbak (À toi Baalbeck), au cours duquel musiciens et chanteurs ont accordé leurs instruments pour offrir un véritable hymne poétique et musical à la ville du soleil – et à son festival. Le ministre Ghattas Khoury et ses deux filles ont tenu à y être présents. Ils ont profité de l'occasion pour visiter en compagnie de Jack Lang l'exposition « Les chrétiens d'Orient, deux mille ans d'histoire ». Dans l'assistance, un grand nombre d'amis du Liban, ainsi que l'ambassadeur Khalil Karam, Lama Salam, l'ancienne vice-présidente du festival Madeleine Hélou, Martha Hraoui, Malek el-Khoury qui prévoit pour le concert une tournée en Suisse, le peintre Assadour, Alia Chéhab, mais aussi les auteurs et compositeurs de Ilik Ya Baalbak, notamment Nagi Hakim, Gabriel Yared, Zad Moultaka, Adonis, Salah Steitié et Issa Makhlouf. En dernière minute, Etel Adnane s'est décommandée.

À l'issue du spectacle, la présidente du festival Nayla de Freige a invité un groupe d'amis, dont le metteur en scène Nabil el-Azan, Marie Descourtieux (directrice des affaires culturelles à l'IMA) et Dorothée Engel (chargée de la riche collection de disques au même institut) à dîner au bistrot Le Moulin au vent et trinquer au succès de la soirée.

Les jours suivants, la scène de l'IMA a été occupée par le trio Charbel Rouhana (oud) et Élie Khoury (bouzouk), rejoints par le violoniste tunisien Jasser Haj Youssef. Le groupe rock Kinematik, avec Anthony Sahyoun (guitare), Rudy Ghafari (synthé), Roy Khazen (basse), Akram Hajj (tambour) et Cynthia el-Hasbani (visuel). Et, enfin, le groupe au nom fou, Who Killed Bruce Lee ? Avec Wassim Bou Malham (voix et guitare), Malek Rizkallah (batterie, chœurs), Pascal Sarkis (basse, chœurs) et Hassib Dergham (clavier, chœurs), un live show inhabituel et une musique qui mélange savamment indie, rock et électro.

 

Lena, on the road again...
Lena Kelekian est fière et follement heureuse. Il y a de quoi. Non seulement elle était la seule Libanaise parmi les 150 artistes originaires de 105 pays sélectionnés pour la 7e édition de la Biennale d'art de Beijing, mais son œuvre a trôné au centre de la salle principale du musée d'art national, à Pekin.

L'événement, qui attire la plus grande audience en Chine, ainsi que des artistes de renommée internationale, est baptisé « La route de la Soie et la civilisation mondiale ». Kelekian a réalisé une installation à connotation historique, géographique et culturelle. Cinq colonnes, de différentes couleurs et de deux mètres de haut chacune, revêtues de mosaïques évoquent les principaux itinéraires terrestres qui avaient relié dès l'Antiquité l'Extrême-Orient à l'Occident : rouge pour l'Empire romain, bleu pour le byzantin, vert pour celui du califat arabe islamique ; orange pour le royaume d'Arménie et jaune pour la Chine. Sur chaque colonne figurent les mots « route de la Soie », dans la langue de ces différentes civilisations. Le message délivré est clair : la route de la Soie est aussi la route du dialogue. Cela, parce qu'elle a permis non seulement des échanges florissants de marchandises, mais elle a contribué à renverser les barrières qui isolaient les populations de régions différentes. La rencontre des peuples de l'Orient et de l'Occident, l'échange des idées et techniques, et la transmission des langues et littératures ont été pour la première fois rendus possibles.

Et ce n'est pas tout. L'artiste expose en novembre à Bucarest (Roumanie) et Valence (Espagne). En décembre, elle sera présente au Spectrum Art Fair de Miami, Floride. Le rendez-vous annuel des collectionneurs d'art.

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Les Italiens, rue PasteurOn ne vend pas. On expose uniquement, pour le bonheur des yeux. Depuis samedi, Simone Kosremelli s'enivre de Prosecco et... de bijoux. Son espace Dahab, à la rue Pasteur, accueille douze architectes, designers-mobilier et sculpteurs italiens, tous piégés par l'or et l'argent, qu'ils façonnent avec panache. Avec des fils d'argent, Bice Derrico tricote des cravates et...

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