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Liban

Ansari appelle à « l’unité arabe contre le terrorisme israélien et takfiriste »

Liban-Iran

L'Arabie observe d'un œil inquiet le come-back iranien à Beyrouth.

Lé. M. | OLJ
24/08/2017

L'adjoint du ministre iranien des Affaires étrangères, Hussein Jaber Ansari, a poursuivi hier sa tournée auprès des officiels locaux par une réunion avec l'ancien président de la République Amine Gemayel à la Maison du Futur à Bickfaya. L'entretien a été qualifié de « cordial » et de « transparent » par le diplomate iranien, et les discussions ont été axées sur « les dangers qui menacent la région et la manière de les contrer ». Il a par ailleurs nié se trouver au Liban afin d'effectuer une quelconque médiation, soulignant que « la scène politique libanaise et les élites politiques traversent aujourd'hui un état d'osmose nationale et n'ont aucunement besoin d'une quelconque médiation ».
M. Jaber a poursuivi en affirmant que son pays « accorde une importance particulière à la diversité politique et religieuse » du Liban, et qu'il est ouvert à toutes les composantes libanaises avec lesquelles il souhaite bâtir les meilleures relations ainsi que « la relation officielle avec le gouvernement ».
Le diplomate iranien s'est également entretenu avec l'ancien président de la République Émile Lahoud. Les deux hommes ont axé leurs discussions sur les derniers développements sur la scène nationale mais également la situation qui prévaut sur le terrain en Syrie, notamment « la victoire de l'axe de la résistance dans cette guerre cosmique qui s'acharne contre la Syrie ».
Pourquoi ce soudain retour de la diplomatie iranienne sur la scène locale ? Les observateurs affirment que c'est surtout les avancées militaires sur le terrain en Syrie qui confortent cette nouvelle phase, ainsi qu'une impression de l'approche d'une solution négociée au conflit syrien. Les différentes puissances régionales s'apprêteraient donc à user de leur influence notamment au Liban, en préparation de cette nouvelle étape qui semble se profiler du côté de Damas. Dans le même temps, l'Arabie saoudite observe d'un œil inquiet ce ballet diplomatique iranien à Beyrouth, surtout que l'éventail des réunions de M. Ansari est considérablement élargi. Il a en effet rencontré des personnalités politiques qui n'adhèrent pas à la mouvance iranienne, et il a exprimé à plusieurs reprises devant la presse l'ouverture de son pays à l'égard des différentes composantes de la vie politique libanaise.
Comme à Dar al-Fatwa par exemple, où il a discuté avec le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane. Un entretien qu'il a qualifié de « constructif » et « très utile pour nous » et au cours duquel il a été question du « terrorisme israélien aveugle » et du « terrorisme takfiriste ». « Nous sommes tombés d'accord avec le mufti pour dire que le seul moyen de sortir de ces deux dangers principaux reste l'unité (...) et le dialogue », a précisé M. Ansari.

Kabalan et Raï
Autre étape de sa visite officielle à Beyrouth, le siège du Conseil supérieur chiite, où il a été accueilli par son président, le cheikh Abdel Amir Kabalan en ces termes : « Bienvenue dans votre maison, en ce lieu qui a été fondé par l'imam Moussa Sadr, ce géant (...) qui a été le lien entre l'Iran de la révolution et le Liban. » De son côté, M. Ansari a indiqué que l'entretien avec M. Kabalan lui a permis de « passer en revue les différentes réunions politiques qu'il a eues ces deux derniers jours au Liban, ainsi que les derniers développements sur la scène locale ».
En soirée, Hussein Jaber Ansari s'est rendu à Dimane pour un entretien avec le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï. Tout au long de sa visite officielle, il a été accompagné par l'ambassadeur iranien à Beyrouth Mohammad Fateh Ali.
D'aucuns affirment que cette visite de l'adjoint du ministre iranien des Affaires étrangères n'est qu'un prélude à une série d'autres visites à plus haut niveau. Ainsi, il ne semblerait pas exclu que le ministre des Affaires étrangères Mohammad Jawad Zarif débarque à Beyrouth dans un avenir proche. Un développement qui n'est donc pas sans provoquer un malaise à Riyad, et les Saoudiens qui observent de près ce qui se passe sur la scène libanaise en appellent aux responsables locaux pour qu'ils mettent en application et de manière tangible leur politique de distanciation par rapport aux conflits régionaux. Si celle-ci n'est pas respectée en pratique, cela voudra dire que, pour l'Arabie, le Liban a bel et bien rejoint l'axe iranien.

 

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gaby sioufi

on croirait entendre nasrallah, se rappeler soudainement l'existence d'israel , ceci apres s'etre assure que assad ne risque pas sa position de sitot.
que leur reste t il donc pour ameuter leur "peuple" resistant?

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