Les rues de Aïn el-Héloué étaient vides, hier, après trois jours de combats meurtriers. Photo Ahmad Mantache
Une situation de calme fragile prévalait hier dans le camp palestinien de Aïn el-Héloué, après trois jours de combats intenses entre le groupuscule islamiste de Bilal Badr et la force de sécurité conjointe. Un cessez-le-feu avait été obtenu samedi soir après des contacts libano-palestiniens. Samedi, pour le troisième jour consécutif, les forces de sécurité palestiniennes avaient affronté le groupuscule de Bilal Badr, appuyé par l'islamiste Bilal Arkoub. Selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle), les affrontements ont fait deux tués, dont un membre du Fateh, et sept blessés.
Les combats ont éclaté jeudi, lorsque le groupuscule Bilal Badr a ouvert le feu sur un siège de la force conjointe de sécurité dans ce camp. Les accrochages devaient baisser d'intensité vendredi avant de reprendre samedi. Le retour sur les lieux de Bilal Badr, un « terroriste » qui avait disparu de la scène après les affrontements d'avril dernier faute d'avoir pu être arrêté, est révélateur de la dynamique infernale dans laquelle se sont enlisées les différentes forces palestiniennes face aux islamistes du camp. Soutenu par Bilal Arkoub, Bilal Badr a provoqué une rixe avec les forces de l'ordre conjointes, postées dans le quartier al-Safsaf, dans une tentative de mettre la main sur les armes se trouvant au siège des forces de l'ordre. La force conjointe de sécurité – qui rassemble les principales factions palestiniennes, dont le Fateh et le Hamas – cherche depuis des mois à limiter l'influence du groupe Badr.
En cours de soirée samedi, peu avant le cessez-le-feu, les combats étaient montés d'un cran, des échanges de tirs nourris, notamment de roquettes, ayant été enregistrés. Un calme précaire s'est installé pour une courte durée, avant une reprise des affrontements vers 22h30. Des roquettes de type Energa se sont abattues dans une rue du camp, dont l'une sur une habitation. Le correspondant de l'AFP avait vu des dizaines de familles fuir le camp, certaines se réfugiant dans les cours extérieures des mosquées de la ville de Saïda.
La direction politique palestinienne pour la région de Saïda a appelé à « mettre immédiatement en œuvre » le cessez-le-feu et « renforcer les capacités » de la force conjointe de sécurité (...). Les combats avaient duré jusqu'à l'aube avant de cesser complètement hier matin.


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