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Le président kényan appelle l'opposition à éviter les violences

Le président kényan Uhuru Kenyatta a exhorté lundi l'opposition, qui conteste sa réélection, à s'abstenir de manifestations violentes et à saisir la justice pour qu'elle se prononce sur la régularité du scrutin présidentiel du 8 août.

Il a également appelé la police à faire preuve de retenue dans ses interventions contre les manifestations de colère qui ont éclaté depuis la proclamation, tard vendredi soir, de sa réélection.

"Je crois véritablement qu'aucun Kényan ne veut voir de violences, de pillages et de manifestations qui dégénèrent en destructions. Mais à ceux qui se sentent lésés et ne veulent pas l'accepter, il existe des procédures prévues par la Constitution", a-t-il dit.

Au moins 24 personnes - une centaine selon les opposants - sont mortes dans les violences post-électorales, dont onze après la proclamation de la victoire de Kenyatta.

Candidat malheureux de l'opposition, Raila Odinga, qui se dit victime d'une fraude électorale, a lancé un appel à la grève générale pour ce lundi mais la mobilisation semblait relativement faible.

A Nairobi, la capitale, de nombreux magasins ont ouvert leurs portes. A Kisumu (ouest), un bastion de l'opposition, la circulation dans les rues était dense, pour la première fois depuis des jours. Même chose à Kibera, un bidonville de Nairobi où l'opposition est fortement implantée.

Des Kényans interrogés et se disant en faveur de l'opposition avouaient qu'il fallait bien vivre et que ce ne sont pas les hommes politiques qui paient le loyer.

Les Kényans redoutent une répétition des violences interethniques de 2007 qui avaient fait plus de 1.200 morts et 600.000 déplacés après le refus, déjà, de Raila Odinga de reconnaître sa défaite à la présidentielle face au prédécesseur d'Uhuru Kenyatta, Mwai Kibaki.

Comme en 2007 et 2013, les partisans d'Odinga, membre de l'ethnie Luo, ont le sentiment de s'être fait voler l'élection par les Kikuyus, l'ethnie qui a fourni trois des quatre chefs de l'Etat depuis l'indépendance en 1963, dont Uhuru Kenyatta.

L'opposition a multiplié depuis mercredi les accusations de fraude, mais sans fournir de preuve convaincante. Diplomates et dirigeants de la région font front commun pour demander à Raila Odinga de reconnaître sa défaite.

La mission d'observation de l'Union européenne et un groupe d'observateurs indépendants ont validé le scrutin, en grande partie électronique.

La représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a félicité dimanche le président Kenyatta pour sa réélection. A Paris, le président Emmanuel Macron a fait de même, saluant "l'engagement civique exemplaire" du Kenya.

Le président kényan Uhuru Kenyatta a exhorté lundi l'opposition, qui conteste sa réélection, à s'abstenir de manifestations violentes et à saisir la justice pour qu'elle se prononce sur la régularité du scrutin présidentiel du 8 août.
Il a également appelé la police à faire preuve de retenue dans ses interventions contre les manifestations de colère qui ont éclaté depuis la proclamation, tard vendredi soir, de sa réélection.
"Je crois véritablement qu'aucun Kényan ne veut voir de violences, de pillages et de manifestations qui dégénèrent en destructions. Mais à ceux qui se sentent lésés et ne veulent pas l'accepter, il existe des procédures prévues par la Constitution", a-t-il dit.
Au moins 24 personnes - une centaine selon les opposants - sont mortes dans les violences post-électorales, dont onze après...