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Culture - Exposition

Annie Leibovitz cherchait la photo que personne ne prenait

Annie Leibovitz, une photojournaliste derrière la portraitiste. BORIS HORVAT/AFP

Mondialement connue pour ses portraits de célébrités, la photographe américaine Annie Leibovitz a débuté sa carrière par le photojournalisme : une exposition de quelque 8 000 clichés acquis par une fondation à Arles, dans le sud de la France, vient rappeler cette facette de son œuvre.
L'exposition, la première d'une longue série qui retracera 50 années de travail de l'artiste, s'inscrit dans un « programme d'archives vivantes » lancé par la mécène suisse Maja Hoffmann, fondatrice de la fondation Luma.
Deux décennies y sont présentées, de la fin des années 1960 aux années 1980 notamment au travers des reportages réalisés pour le magazine américain Rolling Stone. Annie Leibovitz y a débuté sa carrière, en parallèle de ses études de photographie, avant d'en devenir la responsable photo.
Pour Rolling Stone, Annie Leibovitz couche sur la pellicule des icônes de la musique (Beatles, Rolling Stones, Joan Baez...) mais aussi les politiques. Elle sera ainsi la seule photographe à prendre Richard Nixon quittant la Maison-Blanche en hélicoptère après sa démission en 1974. « On avait parqué les autres journalistes dans un coin, j'étais au bon endroit », se remémore-t-elle. Sa tactique : « Chercher la photo que personne ne prenait. »
« Le journal avait donné 16 pages au journaliste Hunter S. Thompson, mais il n'a rien écrit, alors ils ont publié mes photos en grand. C'était la première fois », se souvient-elle.
La photojournaliste fera ensuite, à de nombreuses reprises, la une du magazine. Avec son objectif, elle pénètre dans l'intimité de ses sujets, qu'ils appartiennent à la sphère amicale et familiale, comme sa grand-mère dont elle filme la fin de vie, ou à l'univers des « people » comme les Rolling Stones qu'elle suit dans leur tournée mondiale en 1975, immortalisant le spectacle sur scène mais aussi celui des coulisses, jusque dans leurs chambres d'hôtel.
Sa photo de John Lennon nu enlaçant sa compagne Yoko Ono, prise quelques heures avant l'assassinat de l'ex-Beatle, en 1980, fera le tour du monde.

Énergie
Les artistes sont omniprésents mais ses photos témoignent plus largement de l'atmosphère des années 1970 et 1980 : manifestations contre la guerre du Vietnam, campagnes électorales...
Annie Leibovitz, appareil toujours à portée de main, a pris des milliers de photos depuis son premier appareil, offert par sa mère. Celles qui sont présentées à Arles sont en grande majorité en noir et blanc, des photos agrandies à partir de planches contact, non recadrées.
« Il y a un important volume de travail, quand on est jeune, on a beaucoup d'énergie », explique l'artiste pour laquelle « l'idée est moins de regarder les photos une par une que de monter, comme dans un petit film, l'énergie et l'obsession d'un jeune photographe ».
« Je les ai présentées de manière très libre », ajoute la photographe. Les photos sont disséminées sur neuf panneaux, en respectant un ordre chronologique, depuis les premières photos de famille jusqu'à l'année charnière de 1983, quand Annie Leibovitz quitte Rolling Stone pour le magazine Vanity Fair.
Depuis, « je suis passée du photojournalisme à la photographie conceptuelle », fait-elle valoir : « Comme journaliste, on doit être objectif, comme portraitiste, je peux donner mon point de vue, mes photos sont plus fortes ».
C'est elle qu'a choisie à deux reprises la reine d'Angleterre Elizabeth II, en 2007 puis 2017, pour faire ses portraits officiels. Elle a aussi réalisé des portraits de famille du président des État-Unis Barack Obama, ou encore des mises en scène d'artistes, comme ce cliché de Keith Haring, nu, le corps peint comme intégré à l'une de ses œuvres, jusqu'aux récentes photos des acteurs du film culte Star Wars.

*Exposition « Annie Leibovitz, Archive Project, the Early Years », fondation Luma, Arles, France, jusqu'au 24 septembre.

Beatrix BACONNIER
MARTIN/AFP

Mondialement connue pour ses portraits de célébrités, la photographe américaine Annie Leibovitz a débuté sa carrière par le photojournalisme : une exposition de quelque 8 000 clichés acquis par une fondation à Arles, dans le sud de la France, vient rappeler cette facette de son œuvre.L'exposition, la première d'une longue série qui retracera 50 années de travail de l'artiste, s'inscrit dans un « programme d'archives vivantes » lancé par la mécène suisse Maja Hoffmann, fondatrice de la fondation Luma.Deux décennies y sont présentées, de la fin des années 1960 aux années 1980 notamment au travers des reportages réalisés pour le magazine américain Rolling Stone. Annie Leibovitz y a débuté sa carrière, en parallèle de ses études de photographie, avant d'en devenir la responsable photo.Pour Rolling Stone,...
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