Les Mercedes de Valtteri Bottas et Lewis Hamilton (photo) ont dominé la 1re séance d’essais libres du Grand Prix de Grande-Bretagne, 10e manche du championnat du monde de F1, hier sur le circuit de Silverstone. Le Finlandais a signé un chrono de 1 min 29 sec 106/1000es, devançant son coéquipier britannique de 78/1000es seulement. Une deuxième séance d’essais libres était programmée de 12h00 à 13h30 GMT. Andrej Isakovic/AFP
Devancé au championnat de F1 par Sebastian Vettel, Lewis Hamilton, qui voit dans le même temps son coéquipier Valtteri Bottas se rapprocher dans son rétroviseur, est sous pression à domicile ce week-end lors du Grand Prix de Grande-Bretagne, à Silverstone.
Faut-il y voir un signe de son humeur alors que des échos de mésentente avec son équipe se font jour ? Le Britannique de Mercedes a été le seul pilote à ne pas participer, mercredi, à une parade de promotion de la F1 en plein centre de Londres. Malgré les vœux de Liberty Media, les nouveaux patrons américains de la discipline, Hamilton a préféré prendre quelques jours de repos sur l'île grecque de Mykonos, en compagnie notamment de la top model canadienne Winnie Harlow.
Jeudi, confronté en conférence de presse aux critiques voilées de ses médias nationaux, le Britannique a assumé son choix, oscillant entre la gêne et l'agacement. « J'ai essayé de me préparer du mieux possible et de me relaxer », a-t-il expliqué, évoquant une saison « intense » et la « pression » de s'imposer à domicile. « En tant que pilote britannique, chaque année, vous devez gagner ici », a lancé le triple champion du monde, qui se doit aussi de rebondir au championnat du monde, sous peine d'afficher encore son habituelle soupe à la grimace.
Bottas candidat au titre
Car il n'y pas d'entre-deux dans l'attitude du Lewis 2017, au tempérament cyclothymique à l'issue des GP. Soit il a gagné et sourit à pleines dents, soit il n'a pas fait mieux que Vettel et paraît accablé par tous les malheurs du monde. Bien sûr, sa personnalité de compétiteur acharné, ce qu'il est depuis son enfance passée sur un kart, ressort. Mais alors qu'il reste encore 11 courses à disputer en comptant celle de demain, ces phases d'abattement peuvent surprendre.
Un début d'explication se trouve certainement dans l'émergence du Finlandais Bottas, qui le prive pour l'instant d'un mano a mano avec l'Allemand Vettel susceptible d'entrer dans la légende de son sport, une notion à laquelle il est très attaché. « Il (Bottas) est seulement 15 points derrière moi, ce qui signifie qu'il est plus près de moi que je ne le suis de la tête du championnat », constate Hamilton, à 20 points de Vettel. « Valtteri a réalisé un travail fantastique en Autriche (pole et victoire le week-end dernier) et je suis sûr qu'il se battra pour le titre jusqu'à la dernière course de la saison », assure-t-il. Ce que Bottas confirmait mercredi : « La saison est encore longue, mais je suis définitivement un candidat pour le titre. Je vois course par course, mais c'était un bon week-end en Autriche et je vais essayer de rester sur cette lancée. »
Par ailleurs, Hamilton pensait peut-être que Vettel serait davantage affecté par la polémique qui a suivi leur accrochage à Bakou, mais le quadruple champion du monde, contraint de présenter ses excuses, semble avoir déjà évacué l'épisode. L'ancien de McLaren avait perdu l'habitude de devoir surveiller plus d'un pilote en course, puisque, ces dernières années, l'adversité se résumait à son ex-équipier chez Mercedes, l'Allemand Nico Rosberg. Entre 2014 et 2016, il a décroché 31 victoires et 12 deuxièmes places en 59 courses et ne paraît pas s'être encore complètement ajusté à cette nouvelle réalité.
Si, depuis le début de la saison, Hamilton a été incapable de gagner deux fois d'affilée, il n'est en revanche jamais resté plus de trois courses sans s'imposer. Un troisième échec de rang, surtout sur ses terres, serait un coup dur, d'autant qu'il reste sur trois succès dans son Grand Prix national. « J'espère pouvoir me servir de Silverstone comme d'un tremplin pour la seconde partie de la saison », souligne un Hamilton qui joue la stratégie du pilote en péril, tout comme Silverstone. Les propriétaires du circuit ont en effet annoncé, mardi, qu'ils allaient activer une clause de rupture qui remet en cause la tenue de la course au-delà de l'édition 2019.
Source : AFP

