Théâtre

Une Antigone du pays du Soleil-Levant pour l’ouverture d’Avignon

« Antigone » de Satoshi Miyagi à la « cour d’honneur du palais des papes » à Avignon. ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP

Le 71e Festival d'Avignon accueille jusqu'au 26 juillet le théâtre du monde entier, de l'Afrique subsaharienne, invitée d'honneur avec sept spectacles, au Japon, avec la version d'Antigone du Japonais Satoshi Miyagi dans la cour d'honneur qui a marqué son ouverture jeudi dernier.
Satoshi Miyagi, petit homme frêle aux yeux malicieux, a transformé la cour d'honneur en miroir d'eau pour l'occasion. Il a aussi intégré le formidable mur du palais des papes dans sa mise en scène, en y projetant de gigantesques silhouettes, inspirées du théâtre d'ombres indonésien.
Comme il y a trois ans pour son Mahabharata enchanteur, Satoshi Miyagi a composé un spectacle très visuel, où les personnages sont dédoublés en deux rôles, l'un qui joue, et l'autre qui parle. Son Antigone s'inspire autant du bouddhisme que de la tragédie grecque. « Il y a plusieurs écoles dans le bouddhisme japonais, explique-t-il, mais il y a quand même une certaine tendance : c'est qu'on ne tranche pas entre méchants et bons par nature. »
« L'Antigone de Sophocle n'était pas bouddhiste, mais, dans ses répliques, nous trouvons des pensées similaires du bouddhisme japonais d'aujourd'hui, particulièrement sa volonté d'aimer tous les êtres humains sans les diviser ». C'est ainsi qu'Antigone défend le droit à une sépulture de Polynice, le « méchant » frère, à l'égal du « bon » frère Etéocle, contre la volonté du roi Créon. Satoshi Miyagi, comme pour son Mahabharata, remet une pièce ancienne sur le métier : son Antigone avait été créée en 2004 au stade antique de Delphes.
C'est un autre lieu mythique, la cour d'honneur, cœur battant du festival fondé en 1947 par Jean Vilar, qui l'accueille aujourd'hui. « Quand le festival nous a offert de jouer dans la cour d'honneur du palais des papes, lieu qui représentait l'autorité chrétienne, j'ai pensé que la pièce la plus adaptée à ce lieu était Antigone », souligne-t-il.

41 spectacles
La 71e édition du plus grand festival de théâtre d'Europe avec celui d'Édimbourg présente cette année 41 spectacles de théâtre, de danse et d' « indiscipline », à la croisée de tous les arts.
Parmi les temps forts, une sélection des auteurs fétiches de l'ancienne garde des Sceaux française, Christiane Taubira, avec la metteuse en scène Anne-Laure Liégeois, dans un feuilleton porté par 70 acteurs amateurs et professionnels, en plein air au jardin Ceccano, tous les midis. L'enfant terrible du théâtre européen Frank Castorf, qui quitte la Volksbühne de Berlin, a choisi d'explorer le conflit entre l'artiste et le pouvoir avec Le Roman de Monsieur de Molière d'après le Russe Mikhaïl Boulgakov. Le duo de jeunes Françaises du Birgit Ensemble propose deux pièces sur les déchirements de l'Europe, Memories of Sarajevo et Dans les ruines d'Athènes.
Olivier Py, qui vient d'être renouvelé à la direction du festival pour 4 ans, monte son foisonnant roman Les Parisiens. La Rwandaise Dorothée Munyaneza crée sa seconde pièce, Unwanted, qui restitue la parole des femmes violées pendant le génocide et de leurs enfants « non désirés ». Des figures du théâtre européen sont présentes, comme la Britannique Katie Mitchell (Les bonnes de Jean Genet), l'Italienne Emma Dante (Bestie di scena) ou le Portugais Tiago Rodrigue avec le portrait d'une des dernières souffleuses au théâtre, Sopro.
Le village du off propose 1 480 pièces en marge du festival officiel.

Source : AFP


Le 71e Festival d'Avignon accueille jusqu'au 26 juillet le théâtre du monde entier, de l'Afrique subsaharienne, invitée d'honneur avec sept spectacles, au Japon, avec la version d'Antigone du Japonais Satoshi Miyagi dans la cour d'honneur qui a marqué son ouverture jeudi dernier.
Satoshi Miyagi, petit homme frêle aux yeux malicieux, a transformé la cour d'honneur en miroir d'eau...

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