Cinq militants des droits de l'Homme ont été libérés sous caution au Cambodge, plus d'un an après leur arrestation, a annoncé jeudi un tribunal, alors qu'ils encourent toujours des poursuites dans une autre affaire controversée.
Quatre membres et un ex-employé de l'Association cambodgienne pour les droits de l'homme et le développement (ADHOC) ont été placés en détention en avril 2016 dans le cadre d'un scandale sexuel impliquant un député d'opposition, mais dénoncé comme monté de toutes pièces.
Les autorités accusent les cinq militants d'avoir encouragé une coiffeuse de 25 ans à nier une liaison adultère qu'elle aurait eue avec un député d'opposition et l'un des leaders du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), Kem Sokha.
Les militants, arrêtés pour corruption de témoin, se déclarent innocents.
Pour l'opposition, cette affaire fait partie des tentatives du Premier ministre Hun Sen, au pouvoir depuis plus de trente ans, pour déstabiliser ses adversaires. Sam Rainsy, le leader de l'opposition, est actuellement en exil pour fuir des poursuites judiciaires.
Les cinq militants ont été libérés jeudi, accueillis par des proches et des moines.
"Le juge d'instruction a décidé de mettre fin à la détention provisoire des cinq suspects", a déclaré à l'AFP, Y Rin, un porte-parole du tribunal municipal de Phnom Penh.
Les suspects sont soumis à un contrôle judiciaire et n'ont pas le droit de quitter le Cambodge avant leur jugement sans l'autorisation du tribunal.
"Nous avons subi une injustice mais nous allons aimer encore plus notre travail", a déclaré un des militants libérés, Ny Sokha, à des journalistes.
Des groupes de défense des droits de l'homme avaient critiqué la longévité de la détention provisoire imposée aux cinq militants, et les Nations unies avaient qualifié leur emprisonnement d'"arbitraire".
Hun Sen, 64 ans, Premier ministre depuis 32 ans de ce pays pauvre mais en pleine croissance, ne cesse de durcir le ton contre l'opposition et les défenseurs des droits de l'homme.
Selon Amnesty International, 27 prisonniers politiques sont détenus depuis 2013 et plusieurs dizaines d'entre eux font l'objet de poursuites.
Malgré les appels internationaux à davantage de dialogue politique, Hun Sen a promis d'"éliminer" ses opposants s'ils descendaient dans la rue.
Il affrontera en 2018 des élections législatives.
Quatre membres et un ex-employé de l'Association cambodgienne pour les droits de l'homme et le développement (ADHOC) ont été placés en détention en avril 2016 dans le cadre d'un scandale sexuel impliquant un député d'opposition, mais dénoncé comme monté de toutes pièces.Les autorités accusent les cinq militants d'avoir encouragé une coiffeuse de 25 ans à nier une liaison adultère qu'elle aurait eue avec un député d'opposition et l'un des leaders du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), Kem Sokha.Les militants, arrêtés pour corruption de témoin, se déclarent innocents.
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