Trois militants chinois arrêtés en mai alors qu'ils enquêtaient sur les conditions de travail dans des usines produisant des chaussures pour la ligne Ivanka Trump ont été libérés sous caution, a annoncé mercredi l'association China Labor Watch.
Les trois hommes - Hua Haifeng, Su Heng et Li Zhao - avaient été interpellés alors qu'ils enquêtaient secrètement dans des usines du groupe Huajian, un des fournisseurs chinois de la marque qui porte le nom de la fille du président des Etats-Unis.
La police chinoise avait ultérieurement annoncé les poursuivre pour utilisation de matériel d'enregistrement et d'espionnage dissimulé dans des montres pour dérober des secrets industriels.
China Labor Watch (CLW), l'ONG basée aux Etats-Unis pour le compte de laquelle les trois militants menaient l'enquête, a indiqué mercredi dans un communiqué qu'ils étaient sortis de prison.
"Ils m'ont téléphoné pour me dire qu'ils étaient placés en liberté sous caution, pour une durée d'un an" dans l'attente de leur procès, a confié à l'AFP Li Qiang, directeur de l'ONG, sans pouvoir livrer de détails sur leur situation actuelle.
Frances Eve, une chercheuse de l'ONG Chinese Human Rights Defenders, a de son côté été informée de cette libération sous caution par leur avocat, maître Wu, a-t-elle indiqué à l'AFP.
"C'est très rare de voir des défenseurs des droits des travailleurs libérés sous caution", commentait de son côté Patrick Poon, un chercheur spécialisé de l'ONG Amnesty International, redoutant que le trio ne fasse désormais l'objet de multiples restrictions.
Cette remise en liberté inhabituelle "est peut-être due à la pression internationale entourant l'affaire", a-t-il estimé. Washingon avait enjoint Pékin à "libérer immédiatement" les enquêteurs.
China Labor Watch dit désormais espérer que le trio aura droit à "un procès équitable".
Selon CLW, les trois hommes avaient découvert que deux usines de Huajian obligeaient leurs employés à faire des heures supplémentaires et les payaient à des salaires inférieurs au minimum légal.
La marque d'Ivanka Trump ne produit pas directement en Chine mais a confié une partie de sa production à des entreprises qui font fabriquer dans ce pays des vêtements, des chaussures ou des sacs à main.
En octobre, Huajian avait confié à l'AFP que le groupe avait produit environ 100.000 paires de chaussures Ivanka Trump ces dernières années --et ce alors même que Donald Trump fustigeait pendant sa campagne les entreprises délocalisant en Chine.
La Chine a considérablement durci depuis 2015 son traitement des militants des droits des travailleurs, dans un pays interdisant toute activité syndicale indépendante.
Les trois hommes - Hua Haifeng, Su Heng et Li Zhao - avaient été interpellés alors qu'ils enquêtaient secrètement dans des usines du groupe Huajian, un des fournisseurs chinois de la marque qui porte le nom de la fille du président des Etats-Unis.
La police chinoise avait ultérieurement annoncé les poursuivre pour utilisation de matériel d'enregistrement et d'espionnage dissimulé dans des montres pour dérober des secrets industriels.
China Labor Watch (CLW), l'ONG basée aux Etats-Unis pour le compte de laquelle les trois militants menaient l'enquête, a indiqué mercredi...

