Le procureur général près la cour d'appel de Beyrouth, Ziad Abou Haïdar, a requis hier des poursuites contre quatre hommes impliqués dans l'assassinat de Roy Hamouche et la tentative d'assassinat de son ami, Johnny Nassar, perpétrés après un accident de la route, il y a une semaine, dans le secteur de la Quarantaine, à Beyrouth. M. Abou Haïdar a transféré le dossier au juge d'instruction de Beyrouth, Ghassan Oueidate, qui procédera demain à leur interrogatoire. Il a basé sa demande notamment sur l'article 549 du code pénal qui stipule l'application de la peine maximale, c'est-à-dire la peine de mort, à l'encontre de l'auteur d'un crime intentionnel, et l'article 201 qui requiert les travaux forcés en cas de tentative d'assassinat.
En parallèle, tant au niveau des familles des victimes qu'à celui des responsables politiques (notamment le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, et le Premier ministre, Saad Hariri), les voix continuent à s'élever pour réclamer la fin du moratoire sur la peine capitale.
Pas plus tard qu'hier, le mouvement de l'Indépendance, présidé par l'ancien vice-Premier ministre Issam Abou Jamra, a réclamé « l'application de la peine maximale », déplorant « la criminalité individuelle et le laxisme du pouvoir politique à l'égard de ce fléau terroriste », dans un communiqué publié après la réunion hebdomadaire de son bureau politique. Hier aussi, une délégation d'organisations estudiantines, menée par le président de l'organisation des étudiants du Parti national libéral, Simon Dargham, et formée du président de l'organisation des étudiants des Forces libanaises, Jean Demiane, et du secrétaire général de l'organisation des étudiants du Parti socialiste progressiste, Salam Abdel Samad, s'est rendue auprès de M. Machnouk pour l'exhorter à « poursuivre ses efforts contre la dissémination des armes et la criminalité ». Les membres de la délégation étaient accompagnés de Zeina Chamoun, initiatrice du sit-in de protestation organisé samedi au centre-ville. Les visiteurs de M. Machnouk lui ont demandé dans ce cadre de « prendre des mesures préventives pour interdire les tirs de joie, d'autant que les résultats des examens officiels sont pour bientôt, ce qui risque d'entraîner l'utilisation des armes à feu ».
Les jeunes gens avaient auparavant observé un sit-in symbolique devant le siège du ministère de l'Intérieur, au cours duquel le coordinateur du mouvement de soutien des familles des victimes, l'« Intifada des honnêtes gens contre les voyous », a distribué un communiqué dans lequel on pouvait lire : « Nous ne laisserons aucun répit à quiconque, tant que tout père et toute mère ne pourront dormir tranquilles. » Les protestataires se sont dans ce cadre insurgés « contre la multiplication des cas de port d'armes sans permis et des interférences dans la justice », demandant par ailleurs que « les prisons soient des centres de réhabilitation et non de production de criminels ». Ils ont en outre exhorté les responsables à « instaurer l'état d'urgence pour mettre un terme à l'insécurité », réclamant également de « faire participer la société civile à la recherche de solutions scientifiques et pratiques pour remédier au fléau » de la criminalité.
Comme une ébauche de réponse, la direction générale des FSI n'a pas tardé hier à interdire les feux d'artifice pour la période à venir. « À l'approche de la fête du Fitr et des résultats des examens officiels, et en raison de l'utilisation accrue de feux d'artifice pouvant causer des torts et dommages graves (...), la direction générale des Forces de sécurité intérieure demande aux citoyens de ne pas manifester leur joie au moyen de feux d'artifice, mais à travers des moyens civilisés », ordonne le communiqué des FSI, soulignant que « des instructions ont été données pour poursuivre les récalcitrants et prendre des mesures juridiques à leur encontre ».
À l'international, l'écho du meurtre de Roy Hamouche s'est étendu jusqu'en France, où le journal Le Monde a rapporté le drame et les appels qui s'en sont suivis sur la fin du moratoire sur la peine de mort.
Liban - Affaire Roy Hamouche
Le parquet requiert des poursuites contre les meurtriers présumés
Les accusés seront interrogés jeudi par le juge d'instruction.
OLJ / le 14 juin 2017 à 00h00


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