Il était en quelque sorte une tenace force tranquille. Pendant de longues décennies, il a fait partie de ces vétérans de la grande famille de L'Orient-Le Jour qui ont assuré la pérennité du quotidien. Durant les funestes années de guerre, il est resté, sans relâche, fidèle à son poste, souvent au péril de sa vie – à l'instar d'autres vétérans de L'OLJ – afin que le journal puisse survivre et maintenir le cap, en dépit des dures épreuves dues aux combats et à l'anarchie ambiante.
Maarouf el-Mahmoud nous a quittés hier à l'âge de 68 ans, vaincu par une longue maladie.
Dans un pays où le fonctionnement normal des services publics relevait – et relève toujours, d'ailleurs – d'un exercice chimérique, Maarouf réussissait, contre vents et marées, à assurer sans discontinu la bonne marche du central téléphonique du journal dont il avait la charge. Une tâche qu'il étendait aussi, avec la même efficacité, à notre confrère an-Nahar et qu'il assumait avec un dévouement sans faille, parfaitement conscient du fait que la communication est au cœur du travail des journalistes.
Mais bien au-delà de cette mission technique, vitale à plus d'un égard, les collègues de Maarouf qui l'ont connu et côtoyé de près, aussi bien les vétérans de l'équipe rédactionnelle que les centralistes, se souviendront surtout de ses qualités humaines. Toujours calme et serein, d'une humeur égale, Maarouf se mettait sans hésitation aucune au service de chacun des membres de l'équipe en faisant constamment preuve d'amabilité et de bonne humeur. Son efficacité n'avait d'égale que son caractère affable et foncièrement serviable.


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