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Syrie : l'assaut sur Raqqa a commencé, selon le Premier ministre turc

AFP
04/06/2017

La bataille pour la reprise de Raqqa, bastion du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, a commencé après que les Etats-Unis en ont informé la Turquie, a annoncé dimanche le Premier ministre turc Binali Yildirim.

L'annonce de M. Yildirim contredit les déclarations des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde soutenue par les Etats-Unis, qui a affirmé samedi que l'assaut serait lancé "dans quelques jours".

"L'opération de Raqqa, prévue longtemps à l'avance, a commencé tard le 2 juin. Les Etats-Unis ont donné (à la Turquie) les informations nécessaires sur cette question avant l'opération", a précisé M. Yildirim aux médias locaux, dont l'agence progouvernementale Anadolu.

Le président Recep Tayyip Erdogan avait averti les Etats-Unis que la Turquie ne prendrait pas part à une opération pour reprendre Raqqa, "capitale" autoproclamée de l'EI en Syrie, aux côtés des milices kurdes. Or Washington soutient les milices kurdes des YPG (Unités de protection du peuple kurde) qui sont la principale composante des FDS.

La Turquie considère les YPG comme l'extension en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation séparatiste qui livre une sanglante lutte armée contre Ankara depuis 1984, et qui est classée "terroriste" par la Turquie et ses alliés occidentaux.

Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux YPG, mais cette décision a provoqué la colère d'Ankara. Le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu a appelé mercredi Washington à "revenir sur cette erreur", estimant que la livraison d'armes aux YPG était "extrêmement dangereuse".

La Turquie redoute la création d'une zone contrôlée par les Kurdes dans le nord de la Syrie, à la frontière turque. Ankara a d'ailleurs lancé une offensive terrestre dans le nord de la Syrie en août dirigée à la fois contre l'EI et les milices kurdes.

Lors d'une rencontre avec des journalistes samedi soir, le Premier ministre turc a laissé entendre que la Turquie n'hésiterait pas à s'engager plus avant, sans donner plus de détails. "Que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du pays, nous n'hésiterons pas à prendre les mesures nécessaires pour la sécurité de notre pays et de notre peuple", a-t-il dit, cité par l'agence Anadolu. "Nous l'avons fait par le passé et si cela est nécessaire, nous le referons", a-t-il ajouté.

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